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Du vélo sur un nuage : quelque part au-dessus de Bourg d'Oueil (Haute-Garonne).
Du vélo sur un nuage : quelque part au-dessus de Bourg d'Oueil (Haute-Garonne).
Passage un peu expo : sentier des Bans au-dessus de Raboux (Hautes-Alpes).
Passage un peu expo : sentier des Bans au-dessus de Raboux (Hautes-Alpes).
Sur les "Chemins du Soleil" : Descente sur la Cluse (Pic de Bure en arrière-plan).
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Dans le Val d'Azun à l'automne (Hautes-Pyrénées).
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Petit single face aux montagnes du Luchonais (Haute-Garonne).
Petit single face aux montagnes du Luchonais (Haute-Garonne).
Free-ride face à l'Anéto, au-dessus de Bourg d'Oueil (Haute-Garonne).
Free-ride face à l'Anéto, au-dessus de Bourg d'Oueil (Haute-Garonne).
Quelque part dans les Pyrénées...
Quelque part dans les Pyrénées...
Le VTT, ça peut être aussi ça ! Dans l'Atlas marocain...
Le VTT, ça peut être aussi ça ! Dans l'Atlas marocain...
En route vers l'Aneto - Traversée du Pic de Bacanères (Haute-Garonne).
En route vers l'Aneto - Traversée du Pic de Bacanères (Haute-Garonne).
Free-ride dans le Val d'Azun, au-dessus d'Arbéost (Hautes-Pyrénées).
Free-ride dans le Val d'Azun, au-dessus d'Arbéost (Hautes-Pyrénées).

Comment j'ai été mordu par le virus du VTT

Par francois, le 25.10.07

J’ai découvert le VTT par hasard, en accomplissant un geste banal comme en font des milliers de parents : acheter un vélo pour son enfant à Noël. Ce geste à priori anodin a eu chez moi des répercussions et des prolongements souterrains et inattendus, comme une graine qu’on sème sans le savoir et dont le lent travail commence sous terre, invisible.

Ce n’est que quelques mois plus tard, en montagne, que les premiers effets se sont fait sentir : une envie diffuse, mais insistante, de rouler à vélo jusqu’au sommet de la piste qui passe devant chez moi. J’avais justement quelques heures devant moi, et un vélo (celui de mon fils) à peu près à ma taille : on allait bien voir si cet engin pouvait servir à autre chose qu’aller à l’école ou chercher les croissants à la boulangerie du coin !

Une heure plus tard, le cœur battant, j’étais au sommet de la piste forestière, 8 km plus loin et 600 m plus haut, à la limite supérieure des mélèzes, déjà en montagne. Une demi-heure plus tard, j’avais descendu un petit sentier pas trop facile vu ma technique rudimentaire de l’époque, mais bon.... J’étais dans une autre vallée, il ne me restait plus que 15 km de descente sur une large piste, ce qui me prit une petite demi-heure. J’arrivai chez moi passablement excité, les neurones en ébullition : je venais de faire en 2 heures et sans fatigue une balade qui m’aurait pris la journée à pieds, sans compter les ampoules ! Le virus du VTT avait trouvé en moi un terrain acceptable et commençait son travail de sape : la vague envie du début se transformait en boulimie dévorante ; bien touché, j’étais en train de me recycler dans le vélo...

J’ai commencé à regarder la moyenne montagne d’une autre manière : l’œil fiévreux. Je me suis mis à traquer les pistes d’alpage, les routes forestières et même (la honte !) les pistes 4x4 des stations de ski. Bref, tout ce qui paraît cyclable et qui monte le plus haut possible. Au sommet, des petits sentiers (les sirènes d’Ulysse !) m’ont tendu (plus ou moins) les bras pour m’emmener ailleurs, sur un autre versant, dans une autre vallée. En enchaînant ces successions de montées sur pistes et descentes sur sentiers, je me suis laissé aller à parcourir de longues traversées cyclables de plusieurs jours qui m’auraient pris une semaine a pied. Mon rayon d’action de randonneur venait subitement d’être multiplié par 3 ou 4. J'en éprouvai un grand sentiment de liberté et un nouvel enthousiasme : quelle révélation !
La "montagne à vache" que j’ignorais superbement avant (de la vulgaire marche d’approche vers les plus hauts sommets !) s’est révélée à moi ; j’ai pris conscience du potentiel de cet immense terrain de jeu et de toutes les belles balades que j’allais pouvoir y vivre. Je me voyais en vélo partout, bref j’étais gravement atteint...


Du Vélo Tout Terrain au Vélo De Montagne


Quand on parle de VTT en montagne, on s’imagine le plus souvent un biker* bariolé chevauchant un spad* plus ou moins clinquant dans des descentes plus ou moins raides, atteintes grâce à des remontées mécaniques. Je n’ai rien contre cette pratique mais elle n’a pas grand chose à voir avec ce que je tente de décrire ici : La randonnée en montagne à l’aide d’un vélo.
Le VTT n’a de "tout terrain" que le nom, puisqu’il s’agit justement de ne pas rouler n’importe où mais de bien choisir son terrain ; je lui préfère son ancien nom, le "Mountain Bike", qui francisé en "Vélo De Montagne" correspond mieux à la réalité.

*Biker : Cycliste, en langage branché.
*Spad : Vélo. Pour faire branché, on peut aussi dire bike.



Le VDM, au début, ça monte...


Qu’est ce qu’un bel itinéraire de VDM ? C’est d’abord un itinéraire roulant : il faut que le vélo y soit à sa place, qu’il fasse gagner du temps au lieu d’en perdre. On cherche donc des montées sur des pistes pas trop cassantes, ni trop raides, roulantes, quoi !
Mais en montagne, les pistes qui roulent jusqu’au sommet ou jusqu’au col sont des denrées rares, on est parfois obligé de pousser ou même porter le vélo sur des portions qu’on espère les plus courtes possible !
Il serait en effet dommage de se priver d’une belle descente sous le prétexte fallacieux qu’il y a un peu de portage...

La moyenne montagne, habitée et fréquentée depuis longtemps, est riche en pistes "cyclables" : pistes des alpagistes, des forestiers, anciennes pistes militaires qui montent parfois très haut (surtout dans les zones frontalières), tous ces chemins aux pourcentages raisonnables conviennent bien au vélo. A la place d’une piste, on peut parfois trouver un sentier pas trop raide, assez large et sans trop de cailloux : un sentier roulant. Il s’agit là d’une friandise rare mais avec un peu de flair (et de chance !), on en trouve.

Ensuite, il faut que la piste monte le plus haut possible et mène à un col, à un sommet, bref à un endroit d’où l’on puisse voir de l’autre coté. "L'autre coté" est une notion importante en montagne : sans lui, la balade a un petit goût d’inachevé, il lui manque un petit parfum d’aventure, celui qui nous fait frémir au moment de basculer sur l’autre versant...


... et après, ça descend


Pour descendre, l’idéal à vélo n’est plus la piste roulante mais le sentier étroit, plus ou moins technique, le "single-track" ou "monotrace" en français. Toute la subtilité du VDM est dans ce "plus ou moins" : trop technique, on passe son temps à coté du vélo et on se demande ce qu’on est venu faire ici. Pas assez technique, on s’ennuie et la descente perd une bonne partie de son charme. Entre ces deux extrêmes, le sentier est "al dente" : il faut se concentrer sur le pilotage dans les zones délicates mais dans les zones plus faciles, la vitesse augmente jusqu’à retrouver des sensations de glisse. Parfois même, le sentier déroule un étroit et lisse ruban de terre au milieu d’un alpage, c’est alors un moment de pur bonheur !
Sur ces sentiers roulant, on est loin de la lente descente pédestre fastidieuse en grosses godasses avec les chocs répétés sur les articulations et les ampoules aux pieds !
Non content d’avoir fait gagné du temps à la montée puis à la descente, le vélo se transforme alors en instrument de plaisir.


Une rando, ça commence sur une carte !


Le "défrichage" d’un itinéraire en vélo de montagne est une phase importante et délicate, du moins en début de carrière, quand l’expérience manque. En effet, il n’existe pas encore de cartes qui disent si un chemin est roulant ou pas : l'apprenti défricheur sera donc réduit à s’en remettre à la chance pour que ses premières balades ne soient pas sa dernière...
Avec un peu de métier, il commencera à flairer sur la carte les "bons plans" : montées pas trop "galères" et petites descentes sympas. Plus tard, aguerri par quelques "plantages" (sentiers qui n'existent plus, végétation trop touffue qui oblige à porter le vélo roues démontées, petits portages de 100 m qui, après vérification en font plutôt 500, descentes soi-disant sympas entièrement à coté du vélo parce que le sentier est jonché de caillasses ou ravagé par le piétinement d’un troupeau...), la carte n’aura –presque– plus de secrets pour lui. Il saura que le sentier très raide dans une barre rocheuse avec épingle sur épingle est à fuir mais que, dans une pente moins raide avec des épingles espacées, un sentier peut être un bon candidat au roulage. De même, il lui faudra être très attentif à la pente du sentier et ne pas la confondre avec la pente du versant qu’emprunte le sentier : un sentier qui monte droit dans une pente douce peut être plus raide qu’un sentier qui monte doucement dans une pente raide. Me suis-je bien fait comprendre ?

La carte ne dit pas tout : tant qu’on ne sera pas "allé voir", on ne saura pas si "ça roule" ou pas. Un chemin qui présente sur la carte tous les signes caractéristiques du "roulant" peut se trouver en réalité absolument impraticable : trop de pierres, trop de boue, trop d’orties, trop abîmé par le ravinement (liste non exhaustive). Cette petite incertitude est propre au vélo de montagne : elle lui ajoute un petit parfum d’aventure.

Enfin, la géologie a aussi son mot à dire : dans les zones granitiques ou calcaires, les chemins sont beaucoup plus "tape-cul" que dans les zones schisteuses, argileuses ou sableuses où l’on peut parfois rouler sur un vrai billard. Même le plus obtus des randonneurs à vélo ne peut rester insensible à la géologie puisqu’il la ressent jusque dans sa chair, dans ses bras, son dos !
J’en ai personnellement beaucoup plus appris à ce sujet assis sur mon vélo que sur les bancs du lycée...

A ski ou à pieds, une rando commence d’abord sur la carte. C’est encore plus vrai à vélo : préparer sa route, composer un itinéraire cohérent, se demander si "ça roule", c’est rêver, c’est être déjà un peu sur le vélo. Et pour moi, ce préambule un peu cérébral fait partie intégrante des plaisirs d’un randonnée à vélo.


A qui s’adresse le VDM ?


A l’évidence, aux amateurs de vélo... et de montagne !

Coté vélo : l'amateur de VDM peut-être un ancien cyclotouriste un lassé du goudron et qui a envie d’aller voir plus loin, au delà des routes carrossables. On peut trouver également des amateurs de VDM parmi les adeptes d'un VTT plus classique. Habitués de régions au relief moins accidenté mais parfaitement adaptées au VTT, comme les Vosges, le Jura, le Massif Central, ils sentent que leur vélo et leur forme physique peuvent les emmener rouler plus haut. Ceux-là sont "foutus", ils iront rouler en montagne un jour !

Coté montagne maintenant : le VDM peut tenter des randonneurs amoureux de la montagne mais qui trouvent néanmoins que les chemins sont parfois bien plats et bien longs, que le paysage n’y évolue pas toujours bien vite, que l’effort physique n’est pas toujours assez intense. Ils sentent qu’ils "pourraient mieux faire", aller plus vite, et surtout plus loin. Attention ! Ceux-là aussi courent le risque d’être mordus par le VDM !

Dans le clan des montagnards, un genre me paraît plus particulièrement exposé que les autres à basculer dans la secte des "VDMistes " (osons le néologisme) : le skieur de randonnée. Celui-là aime l’altitude, les montées vers les sommets mais il aime moins les longues descentes "en grosses" sur des pentes interminables. Il les préfère à ski. Le VDM est fait pour lui !
Les deux disciplines ont beaucoup de points communs : montées assez rapides, goût d’un effort physique assez intense, découverte de la montagne "sous un autre angle" avec un moyen de locomotion bien adapté. Et la descente ! Comme en ski, elle peut être une fin en soi ou plus généralement la cerise sur le gâteau, une récompense après l’effort de la montée en conclusion d’une belle balade en montagne. Dans tous les cas, il s’agit d’un plaisir. Plaisir de l’équilibre quand il faut naviguer entre les pierres et les racines d’un sentier "technique", plaisir de la glisse quand il faut faire des transferts de poids d’un coté à l’autre du vélo pour enchaîner les virages sur un sentier sinueux, plaisir de la vitesse, quand on peut enfin "se lâcher" dans des zones plus faciles.

Le plus caractéristique –et peut-être le plus important– est le sentiment de liberté que le vélo procure. Comme en ski, la montagne semble rétrécir alors que le champ d’action augmente. Le vélo devient un peu les "bottes de sept lieues" du randonneur. Ce rêve d’enfant devient réalité et l’on se sent en harmonie avec la montagne parce qu’on a trouvé un moyen de déplacement bien adapté qui nous délivre des longues marches parfois fastidieuses qu’on connaissait jusqu’à présent.

Un autre aspect –qui peut paraître paradoxal– est que le vélo (même en montagne !) est une activité bien adaptée aux organismes disons… dans la force de l’âge !
Certes, il faut un système cardio-vasculaire en bon état mais il s’agit d’un sport "porté", sans chocs et traumatismes pour les hanches, genoux et autres chevilles. Ceux qui, dans leur jeunesse ont démoli leurs articulations en dévalant en courant des kilomètres de sentiers et qui maintenant ne le peuvent plus, saisiront bien vite l’intérêt du VDM. Grâce au vélo, ils ont maintenant une deuxième chance : à eux, de nouveau, le bonheur de parcourir la montagne !

Enfin, pour aimer le vélo de montagne, il faut aimer la montagne. Il faut aimer l’arpenter, la sillonner en tout sens, le VDM est fait pour les coureurs des cimes, les dévoreurs d’espace et les assoiffés de nouveaux horizons.


Règles et contraintes


Même sur un vélo, même en montagne, on reste sur terre et chaque médaille a son revers. Comme son nom l’indique, le vélo de montagne est un sport de montagne. On doit donc y être autonome, par sécurité et pour s’y sentir à sa place. Les règles de sécurité sont donc les mêmes qu'à pieds ou à ski : être bien équipé, bien habillé, tenir compte de la météo, avoir une carte, savoir la lire, etc.

Si on a relativement peu d’ennuis mécaniques à pieds (!), c’est moins vrai à vélo : on n'est jamais à l’abri d’une crevaison, d’une vis mal serrée, d’une chaîne ou d'un câble qui casse : il faut avoir du matériel solide, en bon état, et de quoi réparer en toutes circonstances.

Il m’est arrivé à mes débuts une petite mésaventure qui en dit long sur les pièges du vélo en montagne : j’étais parti tard de la vallée, visant une arrivée au Mont-Guillaume (2540 m au-dessus d’Embrun) un peu avant le coucher du soleil pour profiter de ces instants magiques au sommet. Le randonneur solitaire qui se préparait à y bivouaquer sembla surpris de me voir arriver à vélo, et si tard. J’en rajoutai une couche en me vantant d’être de retour chez moi, 1600 m plus bas "dans une heure et demie tout au plus, avant la nuit" (ce qui est vrai si tout va bien). Je le quitte, assez satisfait de mon petit effet mais 100 mètres plus bas, je crève : même pas grave, j’ai tout ce qu’il faut pour réparer !
Tout, sauf le bon raccord de pompe... La petite heure et demie de descente sympa s’est transformée en quatre heures de marche à coté du vélo dont une bonne partie de nuit, sans frontale bien sûr...


Humilité et limites :


Il faut reconnaître honnêtement que même s’il n’est pas réservé aux surhommes, le vélo de montagne est une activité exigeante sur le plan physique : à la montée, il faut de bonnes jambes et un bon souffle ! Cela s’acquiert en commençant par des randos adaptées à son niveau. Il faut donc comme ,dans tous les sports de montagne, un minimum d’humilité et bien connaître ses limites. De même à la descente : rien de très physique là dedans, il faut de la technique. Là aussi, ça se travaille au fil du temps, des petites peurs et grosses gamelles...

PAGES PRATIQUES


Le vélo :


Première règle d'or : du costaud ! En effet le vélo souffre beaucoup en montagne, surtout à la descente. Ensuite, choisir si possible du matériel léger pour que les montées sur (ou sous !) le vélo ne se transforment pas trop en calvaire ! Enfin, pour le confort (à la descente, mais aussi à la montée), les modèles « Tous Suspendus » (fourche télescopique à l’avant, amortisseur a l’arrière) sont incomparables. MAIS : un TS léger et solide, c’est très cher (> 1500 €) ! Un modèle rigide mais avec une bonne fourche télescopique à l’avant est sans doute le meilleur compromis « solidité, poids, confort / prix ». Sachez cependant qu’on peut quand même faire du VDM avec un vélo à 400 € ou 500 € tout rigide : je l'ai bien fait pendant des années, moi !
En tout cas, il faut éviter le fétichisme à propos du matériel et ne pas oublier l’essentiel : ce qui fait vraiment la différence, ce n’est pas le vélo, c’est le bonhomme !

Autonomie :


C’est aussi une règle d’or, ne pas perdre de vue qu’avant d’être sur un vélo, on est d’abord en montagne, lieu ou la sécurité oblige à être autonome. Il faut donc bien vérifier son matériel avant le départ (câblerie-durites, jeu de direction, usure des plaquettes ou patins de frein, etc.), et toujours partir avec de quoi réparer. Une trousse à outils comporte au minimum : jeu de clés Allen, tournevis, pince, câble de dérailleur, câble de frein (éventuellement) , dérive-chaîne (une chaîne qui casse, ça arrive plus souvent qu’on croit en montagne !), chambre à air, colle et rustines, pompe (avec le raccord qui va bien !), et un peu de fil de fer.

Un point assez particulier propre au vélo : les « fringales » sont beaucoup plus intenses et subites qu’à pied. S’alimenter bien et souvent si on veut éviter la « panne de jambe » !

Equipement :


Le temps change vite en montagne : penser qu'on peut avoir très chaud en vélo dans une bonne grimpette « tout à gauche* », et qu'on peut avoir très froid durant une longue descente, surtout si le temps vient de tourner à la pluie ou à l’orage. Un bon coupe-vent n'est alors pas superflu, de même qu’une petite laine.

Le cuissard « cycliste » est incontournable au niveau confort et le port du casque et des gants (fermés) est à mon avis obligatoire (au moins à la descente mais parfois aussi à la montée !) au niveau sécurité. De même, des protections genoux-tibias et coudes ne sont pas complètement superflues pour des descentes "engagées". Dernier point délicat : les chaussures. Si on a des pédales automatiques, penser qu’en cas de portage, les chaussures de vélo sont parfois inadaptées sur les sentiers rocailleux.

Le portage : Après différents essais, je n’ai rien trouvé de mieux que de porter le vélo en travers du dos, la barre horizontale du cadre sur les deux épaules. Le seul matériel utile est alors un bout de mousse style « gaine isolante de tuyau », le reste du vélo reposant sur le petit sac à dos, indispensable de toute façon pour transporter le reste de l’équipement (les sacoches ou le sac sur un porte-bagage sont absolument à proscrire à cause du déséquilibre occasionné, complètement invalidant dès qu’on quitte les pistes carrossables).

*tout à gauche : se dit quand la chaine est à la fois sur le petit plateau (le plus à gauche) et le grand pignon (le plus à gauche), bref, quand ça monte dur.

Les 2 commandements du parfait petit vélocipèdiste de montagne


La montagne tu respecteras :
Pas de freinage roue arrière bloquée qui creuse les sentiers : c’est à son freinage ABS, beaucoup plus efficace qu’un dérapage, qu’on reconnaît le vttiste à l’aise sur son vélo. Respecter les animaux (veaux, vaches, cochons, moutons, marmottes, etc.) : on en voit beaucoup plus qu’à pieds car ils peuvent être surpris par l’arrivée soudaine d’un cycliste silencieux et rapide. Si on les voit assez longtemps à l’avance, ralentir !
Alors que je montais au col du Parpaillon un matin, j’ai eu la surprise de voir passer une marmotte entre les deux roues de mon vélo : j’avais beau venir de sa droite, elle doit encore s’en souvenir...

Le randonneur à pieds tu respecteras :
Il y a un autre animal familier des sentiers qu’il faut aussi respecter : le randonneur à pieds (Pedibus randonus vulgaris). Plus sérieusement : à pieds, il n’y a rien de plus désagréable que de sursauter à l’approche soudaine d’un vélo derrière soi. Le cycliste (Cyclus randonus originalis) doit donc laisser le passage au piéton quand il le croise, et ne pas freiner à mort au dernier moment dans un grand couinement de freins sur les talons du piéton quand il le rattrape. Vieux proverbe chinois : un petit "ting" de sonnette vaut mieux qu’un grand gniiiik (de freins)". Si on n’a pas de sonnette, on peut avantageusement la remplacer par un "bonjour m’sieurs-dames" poli, ça marche aussi.

Commentaires

Bien ton article, bonne philosophie, du vtt de montagne. [henyan, le 10.11.07]
Super article, très complet! Bravo pour le travail! [seb, le 15.11.07]
"Le VTT n’a de "tout terrain" que le nom, puisqu’il s’agit justement de ne pas rouler n’importe où mais de bien choisir son terrain ; je lui préfère son ancien nom, le "Mountain Bike", qui francisé en "Vélo De Montagne" correspond mieux à la réalité."

Comme c'est vrai et comme je suis d'accord avec toi !
En plus d'une orientation personnelle enduro, cette année, de rouler en Montagne avec quelques vttouriens ça a été une révélation pour moi aussi : Le VTT tel qu'il est proposé à la masse via les fédérations et autres, c'est plutot du VTP ! Velo Toutes Pistes ! [Florent, le 04.01.08]
bizarre ce que tu dis car je n'envisage pas une bonne vraie sortie VdM sans portage. Pour moi, ce geste valide l'essentiel de l'effort .. [toposvtt, le 03.03.08]
Très bonne philisophie de la pratique du vélo et du respect des autres.On devine quand même pas mal de pratique.Bonne balade [jos, le 08.09.08]
Sémantique
Au début je souhaitais l'appelé :
"vélo vert".
Les journaleux pour rendre ce loisir plus de crédible l'ont appelé mountain bike.
La fédération française de cyclisme a communiqué sur VTT.
Aujourd'hui comment pourrions nous l'appeler?
Vélos sans contraintes?
Non, pédaler plus sans avancer plus...
vélos liberté?
Non plus notre liberté paraît qu'elle s'arrête où commence celle des autres?
pourquoi pas vélos globaux?c'est une pratique du cyclisme sous toutes ses formes et puis global c'est très "in" en ce moment...
[sergio, le 16.09.08]
tout a fait d'accord avec cet article, j'ai moi aussi choppé le virus il y a 2 ans et aujourd'hui je ne peux pas faire une semaine sans 2 ou 3 sorties ! [sylvain, le 17.09.08]