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To ride or not to be, pourquoi roulons-nous ?

Par pluc, le 21.02.13

Un membre du CAF de Marseille Provence, qui roulait régulièrement dans les Calanques quelques années en arrière (et qui, ces derniers temps, a curieusement repris goût à cela), faisait remarquer qu'il préférait maintenant courir, parce qu'il allait ainsi beaucoup plus vite. Si certains, comme vous peut-être, ou moi, enfourchent leur monture pour parcourir chemins et sentiers pas toujours très roulants, ce n'est pas nécessairement pour des raisons d'efficacité.
Ce genre de réflexion peut paraître (tout au moins aux yeux de vététouriens acharnés) enfoncer des portes ouvertes, mais l'analyse de la diversité des pratiques et des motivations des pratiquants n'est pas une évidence pour tout le monde et est intéressante à plusieurs titres. Je vais en citer quelques exemples.

Nous sommes parfois amenés à discuter de notre activité avec des non (ou presque non) vététistes, comme des randonneurs à pied, qui seraient tentés de s'opposer au libre accès des sentiers aux vélos. Je ne pense pas que nous puissions plaider efficacement la légitimité de notre sport si, en premier lieu, nous n'expliquons pas nos motivations.
Pourquoi ne roulez-vous donc pas sur les pistes, qui sont plus adaptées aux vélos ? Eh bien, c'est exactement comme pour vous, qui préférez certainement marcher sur des sentiers, et avec peut-être encore plus de plaisir quand ils sont accidentés.
Mais alors, pourquoi s'encombrer d'un vélo, peu maniable à certains endroits et qu'on doit même parfois porter ? Il faut se mettre à la place du randonneur, analyser son point de vue. A la montagne par exemple, où le but essentiel d'une randonnée pédestre est souvent d'atteindre un sommet, un col, un lac, et la descente juste une formalité obligatoire, monter avec un vélo sur le dos est a priori regardé avec une profonde incompréhension (voir cet article).

Un autre domaine, où l'analyse des motivations est extrêmement utile, est le choix du matériel, problème souvent soulevé par les débutants.
Personnellement, je roule avec un "all-mountain" (et ma tendance actuelle serait d'aller encore un peu plus loin, vers un enduro léger), que je n'échangerais pas, même de temps en temps sur des parcours faciles, contre un vélo de XC. Parce que ça ne m'intéresse absolument pas d'aller plus vite dans les parties roulantes, si je dois prendre moins de plaisir dans les descentes et les passages techniques.
Un bon choix de matériel doit être en adéquation avec les motivations du pratiquant.

Je me suis tenu à des réflexions pratiques, sans aucunement aborder les problèmes existentiels - ou psychiatriques - des vététistes. C'est hors de mes compétences mais ce ne serait probablement pas dénué d'intérêt. Qui est prêt à s'y coller ?

Commentaires

Sur le coté psychologique de la relation marcheur/vttiste, j'ai quelques idées à exposer et débattre ! [Florent, le 21.02.13]
Personnellement, c'est parce que descendre sur mon vélo préserve nettement plus mes articulations que les chocs répétés de la marche à pieds...

Pour le reste, le plaisir, l'approche, le gout de l'effort et de la découverte restent identiques. [Phil'Ô, le 25.02.13]
Sport mécanique avant tout. Et si je veux investir le même montant que tous mes jouets, ça va faire un sacré stock de pompe de "trail" en plastique...
;-) [Le ded, le 26.02.13]
Pour compléter, je citerait Felix de la Mountain, à propos d'une sortie pas très roulante (mais surement excellente) qu'il a fait en septembre.

"y a pas que la vitesse dans la vie, comme la slow food, le slow bike a des attraits non négligeable" [Geux, le 27.02.13]
Le VTT est à la rando pédestre ce que le ski de rando est aux raquettes : tu profites du même environnement... mais avec infiniment plus de plaisir à la descente ! :-) [MarcMC, le 27.03.13]
Tout a fait en accord avec Marc.
En outre on traumatise moins les genoux en vtt en comparaison avec la randonnée.
Beaucoup de randonneurs ne connaissent pas l'avantage du vtt car ils ne maitrisent pas le niveau technique pour la conduite du vtt; la randonnée étant l'activité de loisir la plus pratiquée en France, on peut supposer qu'avec l'évolution des pratiques le vtt a de belles perspective à suivre la trace d'une grande partie des itinéraires de randonnées. [henyan, le 31.03.13]
Je vis a Los Angeles. Nous avons un programme qui s'appel le ''Mountain Bike Unit'' pour lequel je suis volontaire. Apres une formation aux règles et lois sur les chemins et le passage d'un brevet de secouriste, nous patrouillons sur les chemin en VTT et aidons les gens qui sont perdus, ou en détresse. Ça aide a montrer que le VTT a sa place dans la communauté. C'est pas la solution miracle mais ça marche plutôt bien. IMBA a des manuels pour créer et gérer ce genre de programme. Ce qui se fait aussi ici est de sensibiliser les gens pour qu'ils disent bonjour aux randonneurs et qu'il mettent une cloche sur leur vélo, ça aussi marche assez bien. [Crazy BEar, le 29.04.13]
Tout à fait d'accord, mais je pense que VTT et course à pied peuvent être complémentaires, même si ce n'est pas les mêmes muscles qui travaillent ! En effet j'ai fait 32 ans de course à pied, et les muscles abdominaux étaient très sollicités, alors qu'en VTT ils le sont moins, on est obligés de compenser.

Mais quel plaisir de rider dans des endroits un peu techniques !!

Jean Marie

[VTT1954, le 10.01.17]