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Rencontre au(x) sommet(s) le W.E précédent. Félix de la montain sur notre tour du brec de Chambeyron

Micheline remontant la vallée de la Roya

Pas très pratique ce compartiment à bagages, mais ça le fait quand même !

Patous pas très accueillants

Fort Pépin

Le massif karstique du Marguareïs

Les nuages deviennent menaçants !

Passages cablés au Mont Torrage

Descente sur Airole, bien cassante

Sentier balcon entre Colla Bassa et Torri

Enfin la plage !

TER moderne. C'est bien moins encombrant ainsi !

Paysage typique du Marguareïs

Remontée dans la tourmente au Pas de Tanarel

Sentier descendant sur le refuge Allavena

Poussettes dans le contournement du Mont Torrage

Arrivée au col du Corbeau

Cassant le sud ???

Traversée Tende - Méditerrannée : Voyage sur le fil de l'arête frontalière

Par Phil'Ô, le jeudi 24 Juillet 2008 à 16:54 :: VTT :: rss

Ce voyage a fait l'objet d'une candidature au concours "Changez d'Approche", promu par Mountain Wilderness, ainsi qu'une publication dans le webzine n°4 d'Atacamag.


Cela faisait un moment que l'idée de cette traversée occupait mes pensées, mais un manque de disponibilités reléguait sa réalisation à la longue liste des rêves à accomplir.

Mais comme on le sait tous, tout vient à point à qui sait attendre ! Un concours de circonstances (plus ou moins organisées) me donne une fenêtre de deux W.E pour réaliser ce parcours.

Son principe en est très simple : Relier le Col de Tende à la mer en suivant au plus près, la frontière géographique entre la France et l'Italie. Mais quel itinéraire choisir ?

La première journée est facile à tracer : On commence au col de Tende par la traversée du massif karstique du Marguareïs, où les paysages lunaires vous projettent dans une autre réalité. Puis le col des seigneurs atteint, cap au sud sur la ligne de crêtes en empruntant les sentiers plutôt que la piste Italienne (histoire de bien coller à la frontière).

J'ai par contre longtemps hésité sur la fin du parcours pour le deuxième jour. J'avais un temps pensé terminer à Vintimille en continuant sur la ligne de crête rive droite horographique de la vallée de la Roya, mais c'est trop loin de la frontière et surtout trop de pistes risquent de gâcher l'impression d'isolement et le côté exceptionnel que je recherche dans la réalisation de ce rêve.

Alors, j'ai pris ma carte et j'ai cherché une autre solution pour suivre au plus près cette frontière Italo-française. Très rapidement un itinéraire logique s'est imposé : Finir ce voyage à Menton, en terminant par la très réputée descente du col du Berceau.

Reste à organiser ce W.E d'exception. La réservation du refuge Allavena, idéalement situé à mis parcours fut une simple formalité, puis je me suis mis en quête de compagnons de fortune. En effet, même si j'étais prêt à réaliser ce projet en solitaire, être accompagné sur ce genre de traversée est à la fois un gage de sécurité très appréciable et l'assurance du partage.

L'agenda et le Forum de Vttour m'ont occasionnés quelques contacts, dont un sera fructueux. J'aurai donc un camarade de voyage. C'est Félix de la montain, avec lequel j'ai fait connaissance (en chair et en os) durant le tour du brec de chambeyron, tour réalisé en compagnie de Squal et Pédro le Week-end précédant.

Puis il a fallut se poser la question du transport. Puisqu'il s'agit d'une traversée, l'utilisation des transports en commun m'est apparue comme une évidence : Pourquoi utiliser sa voiture pour faire deux allers/retours, alors que le col de Tende et Menton sont à portée de lignes SNCF Nice-Vintimille, Nice-Cuneo ?
C'est donc décidé, j'utiliserai pour la première fois le train pour réaliser mon approche et mon retour, d'autant que le grand nombre de départ permet une certaine souplesse dans mon emploi du temps.
Hélas, Félix ne pourra pas réaliser l'approche de Grenoble en train (trop long et trop cher comparé à un déplacement en véhicule personnel), il se rendra donc à la Brigue en voiture, et la récupèrera en y retournant en train. Ainsi s'éloignent les chances de décrocher le pompon au concours "changer d'approche", organisé par Mountain Wilderness. Mais finalement, une victoire à ce concours n'aurait été que la cerise sur le gâteau, l'important étant la réalisation de ce beau projet.

Jeudi 24/07/2008 : Le compte à rebours a commencé:

Ca y est, j'ai mon billet de train (18 € tout de même), la clé du refuge (privé) des spéléo de la Brigue pour passer la nuit du Vendredi. Ce soir je boucle mon sac et demain je pars directement à la gare de mon bureau. Surtout ne rien oublier !!! Je trépigne... Je jubile...

Vendredi 25/07/2008 : Je ronge mon frein au travail en attendant l'heure de la libération

J'achète les vivres de course à midi (que du BIO), et le temps me parait abominablement loooooooong...
Avant la libération... à 16h00
Le voyage commence enfin.
Le TER qui me conduit à Vintimille est un vieux modèle (pas de rangement à vélo). Mais cela n'est pas très important, car il n'est pas bondé. Les voyageurs me regardent avec amusement (faut dire que sur la ligne SNCF Cannes-Nice - Vintimille, il y a plus de touristes en vacances que de VTTistes équipés de pieds en cappe pour un long W.E d'efforts).
Puis c'est l'attente sur le quai de gare de la micheline (autorail) qui remonte la vallée de la Roya jusqu'à Cuneo.
Là aussi, c'est un vieux modèle, et le rangement du vélo se fait dans le compartiment à bagages en calant au mieux ma fidèle monture. Le voyage en train est reposant. Les paysages de cette vallée que je connais pourtant bien défilent sous un autre angle de vision.
Enfin c'est l'arrivée à La Brigue où je retrouve Félix pour passer la nuit dans le refuge (privé) du club de spéléo (4€ la nuit et la douche chaude ; le top !), mais avant de se coucher, direction la pizzeria du village, histoire de faire le plein de calories pour les deux jours qui vont venir.

Samedi 26/07/2008 : Traversée du Marguareïs, puis mode survie dans l'orage qui se déchaine

On évite la remontée de la nationale sans intérêt et dangereuse en utilisant les services d'un ami villageois (et de sa remorque) qui nous conduit jusqu'au col de Tende. Le voyage commence !
La piste est propre, et on s'élève tranquillement, lorsque les premiers 4x4 nous dépassent et nous enfument. Ce sera une première vague de 6 véhicules, puis 2 et enfin 5 ou 6 motos. C'est déprimant, d'être dans un cadre aussi sauvage et dérangé par des engins à moteur aussi fréquemment. Le premier col atteint, on quitte cette autoroute à tout-terrains, pour suivre le sentier qui monte rejoindre les crêtes. On est au calme à présent, mais après quelques centaines de mètres, trois patous nous manifestent leur mécontentement. On négocie au mieux la traversée du troupeau de moutons, pour atteindre une vieille piste traversante qui conduit au Fort Pépin. Quelle construction !
C'est purement dingue de penser qu'un tel édifice a été construit ici !
La descente commence. Quelques passages nécessitent de l'attention, puis enfin, le sentier devient plus roulant, et on traverse les alpages en direction du col de la Perle.
Là, remontée "dré dans le pentu" pour contourner la cime du Coin. Puis ça redescend de nouveau pour couper une nouvelle fois la piste principale au col de la Boaïra.
Nouvelle remontée sur une sente herbeuse (GTA), qui devient sentier pierreux lorsque commence la traversée du Marguareïs. Le sentier qui traverse ce splendide massif karstique est une succession ininterrompue de passages terreux et pierreux, nécessitant de fréquents poussages. Les paysages sont tellement éblouissants que la traversée se termine trop vite. On rejoint la piste principale qui conduit au col des Seigneurs par une descente herbeuse.
Au col, je refais le plein d'eau au refuge qui se trouve en contrebas côté Italien. Je ne compte plus les véhicules qui défilent sur la piste, car les nuages commencent sérieusement à s'amonceler.
On ne traine donc pas, et on laisse la piste pour préférer le sentier qui contourne la cime de Pertègue. Mais arrivés à Selle Vieille, le Mt Bertrand est dans les nuages noirs, et les premières goutes font leur apparition. Continuer sur les crêtes serait trop risqué, et c'est à contrecœur que nous prenons la piste. Bien qu'elle soit roulante, elle n'en est pas moins longue et fréquentée. Il pleut à seaux et la remontée vers le Pas du Tanarel marque un point fort de l'activité orageuse. Nous passons donc vite le col, pour rester sur la piste (bien nous en a pris car je suis persuadé que la foudre s'est abattue sur la crête à plusieurs reprises).
La pluie se calme, et nous dévalons la piste jusqu'au Pas de Colle Ardente. Puis le déluge redouble d'intensité lorsque nous remontons la piste secondaire qui rejoint la baisse de Sanson.
Nous choisissons malgré la pluie de suivre le sentier/piste qui conduit au balcon de Marta, car nous en avons assez des tout-terrains qui ne ralentissent pas lorsqu'ils nous croisent ou nous doublent.
La montée prend fin, en même temps que la pluie. On traverse dans la brume les balcons de Marta et leurs fortifications, puis commence l'ultime descente de la journée.
Pour finir sur une bonne note, on prend le sentier qui descend au refuge en coupant la piste. Il n'a pas plu par ici, et c'est tant mieux, car le sentier est ultra cassant...

On est soulagé d'être arrivé, et la perspective d'une bonne douche nous réjouit. Hélas, le gérant nous annonce qu'un tuyau se serait percé et qu'il n'y a plus d'eau. On lui demande comment faire pour nous laver et laver les vélos, et il propose de nous vendre des bouteilles d'eau minérale.
On le sent venir le loulou, et nos présomptions se confirment lorsque les toilettes tournent à plein régime et qu'un robinet nous délivre une eau fraiche et avec beaucoup de pression.
Il nous a pris pour des touristes ce C.., mais c'est sans compter sur notre opiniâtreté. On va se laver au lavabo, car on était tout croteux.

Le repas est pour le moins frugal : Polenta, petit-pois rôti (2 tranches épaisses comme du jambon) et comme dessert : une part de pastèque épaisse comme du papier à cigarette !
Heureusement, qu'on dormira bien (ne dit on pas : qui dort dîne ?)

Dimanche 27/07/2008 Entre Ciel et Mer

La journée commence par un petit déjeuner en droite ligne du repas de la veille : 2 biscottes ! Nous quittons ce refuge mal géré en remontant les 450 m de D+ de piste. Sacré échauffement !
Le collet atteint, on se fourvoie en suivant la piste qui monte au sommet du Mt Peirevieille (Petravechia), car le départ du sentier traversant est masqué en contrebas du collet. On trouve finalement ce sentier qui devient de plus en plus aérien à mesure que l'on avance. Au Pas de l'Incise, l'ambiance est donnée : Sentier balcon bien gazeux taillé dans la roche ! Quel pied !
Le contournement du Mt Torrage prend fin et on peut lâcher les chevaux dans la fabuleuse descente de l'Adret du Mt Torrage. S'ensuit une nouvelle traversée aérienne pour arriver au Col du Corbeau.
On continue sur le sentier en Ubac, car on évite toujours au maximum les pistes. Malheureusement, ce sentier est mal entretenu et reste exposé malgré la végétation. On regrette presque de l'avoir suivi lorsqu'il devient roulant... bien roulant... très roulant... Tellement roulant, qu'on va finir par le dévaler à Mach 12 !
Le Pas de Muraton est atteint, et on lâche ici le parcours de l'Altibike qui plonge vers Breil. Nous allons faire les frais de la chaleur de plus en plus importante, en suivant cette longue piste frontalière qui alterne montées et descentes vers l'ouest puis le sud.
La tête d'Alpe est atteinte à grande peine pour ma part (la température grimpe et je n'ai plus d'eau depuis un moment). On quitte enfin la piste pour suivre un sentier parfois cassant jusque sous la Roche Fourquin.
Un peu plus bas, se trouve l'embranchement du sentier conduisant au hameau de Libre. Le départ qui zigzague dans une brèche est peu engageant car ce sentier est peu parcouru, et la descente sur l'arête qui suit est inquiétante quant à sa cyclabilité ! Vu ma fatigue grandissante, on choisit l'option de replis, en continuant encore un moment sur l'itinéraire VTT 1T qui descend jusqu'à Vintimille.
Après avoir suivit un sentier qui devient vieille piste puis piste carrossable, vers les 900 m d'alt. on repique enfin sur un sentier balisé qui descend à Airole.
Il est ultra cassant, et nécessite beaucoup d'attention. Il fait de plus en plus chaud, et enfin nous arrivons au village où je peux recharger mon sac à flotte. Quelle soif !
Cependant, notre soulagement est marqué d'un certain regret : nous ne pourrons pas faire le Grammondo et la descente du col du berceau jusqu'à Menton, car l'heure est trop avancée (14h30) et les 1200 m qu'il faut remonter sous cette chaleur (dont une grande partie en portage) risquent de nous essorer totalement.
D'autant qu'on a des trains à prendre. Bon que faire ? On terminera notre voyage à Vintimille, mais pour éviter l'ancienne route nationale qui y descend, je propose de remonter les 300 m de D+ jusqu'à Colla bassa, afin de basculer du côté de la Bévéra et suivre un sentier balcon qui conduit à Torri Inf. Ce sentier est génial. Une dernière option qui s'offrait à nous (remonter à Passo Sette Camini pour finir sur une descente jusqu'à la mer) est écartée, car nous mourrons de chaud et qu'il est tard.
On va donc gagner Vintimille par une petite départementale, et enfin se baigner dans la méditerranée vers les 17h00.
Après un repos bien mérité, on regagne la gare où félix et moi nous séparons : lui remontant vers la Brigue en autorail, et moi retournant à Monaco en TER (moderne cette fois-ci, avec rangement à vélo).

Quel voyage (110 km et 2900 m de D+, de la pluie, du soleil et de la chaleur) !
Quels paysages (Le marguareïs et les contournements des Mt Torrage et Peirevieille sont éblouissants) !
Quel dommage (d'avoir croisé autant de véhicules à moteur, d'avoir été si mal accueilli dans ce refuge du CAI et de n'avoir pu boucler tout l'itinéraire prévu) !
Quel pied de réaliser un tel rêve !

C/R du W.E

Toutes les photos du W.E par ici ;-)

Commentaires

» Par marika, le lundi 28 Juillet 2008 à 15:23

ça y est, j'ai eu le temps de tout lire!!!!!!!
Super ton récit Phil'Ô!
Moi elle me fait bien rêver aussi cette traversée...a tester un de ces jours!
Pas de bol avec la pluie, mais c'est aussi ça qui fait les beaux souvenirs...même si sur le coup c'est pas super marrant!!
Bon en tous cas je me la note, pour plus tard... :wink:

» Par marika, le lundi 28 Juillet 2008 à 15:24

PS: les photos sont supers, entre autre le passage cablé me rappelle pas mal de bons souvenirs! :P

» Par Phil'Ô, le lundi 28 Juillet 2008 à 16:12

C'est clair que la traversée du Marguareïs est vraiment magique, tout comme le sentier balcon des Mt Peirevieille et Torrage ! :cool:

» Par sanfroic, le lundi 28 Juillet 2008 à 20:42

Et que dire du final sur Menton... :wink:

» Par Phil'Ô, le lundi 28 Juillet 2008 à 22:30

Le final sur Menton, ce sera pour la prochaine :oops:, voir lors d'une sortie spécialement dédiée à cette descente :cool:, mais franchement, il faisait trop chaud pour attaquer la montée à 14h30 :ill:
Edit : Et voilà c'est fait :wink:

» Par Phil'Ô, le jeudi 16 Avril 2009 à 16:31

Bon, décidément on aurait certainement mieux fait de descendre directement sur le hameau de Libre. Cette descente est finalement terrible :D

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