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Par francois le 16.10.18
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2680 m Alpine Bike : L'intégrale

Une traversée de la Suisse balisée sur le terrain avec du vrai vtt, des cols, des descentes parfois un peu techniques, peu de routes goudronnées; une très belle façon de traverser les Alpes suisses, souvent dans des paysages de carte postale.

Données techniques

Canton (ch) : Grisons
Longueur [?] : 670 km.
Denivelé (+) [?] : 24600 m.
Denivelé (-) : 25500 m.
Roul.dif./Poussage [?] : 2000 m.
Portage Oblig. [?] : 600 m.
SPR [?] : (20/60/20)

Nb de jours : +7
Cartographie [?] : Suisse

Dif. montée [?] : 3
Dif. descente [?] : 3
Dif. max : T4 ponctuellement
Exposition [?] : 2

Interêt [?] (10/10)

Départ/Accès

Départ : Scuol (1180 m) - Train de puis Coire
Route par la Basse Engadine

Itinéraire

L'itinéraire démarre de Scuol en Basse Engadine près de la frontière italienne, à l’extrême Est de la Suisse. Après une petite incursion en Italie avec de magnifiques passages parfois un peu sauvage, il revient en Suisse par le Passo di Cassana, 2680 m, le plus haut passage de la traversée.
Il traverse l'Engadine, passe à St Moritz et franchit le Septimer Pass pour descendre à Bivio; il joue ensuite à saute-vallée entre Bivio et Andermatt par des cols au dessus de Tiefencastle, Safienplatz, Vals, Lumbrein, et Disentis/Muster.
D'Andermatt, il franchit le Sustenpass et passe au pied de l'Oberland par Grindelwald et Lauterbrunnen.
Puis il rejoint la vallée du Rhone à Aigle par Gstaad et Chateau d'Oex.

Beaucoup d'infos pratiques ici: https://www.schweizmobil.ch/fr/suisse-a-vtt/route-01.html; on y trouve en particulier le topo, plutôt bien fait avec pas mal d'infos et l'itinéraire surchargé sur une carte au 1/50 000.

Trace GPS


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Sentiers associés : Pass Chaschauna > Alp Chaschauna   Val Chaschauna > Suoz

Remarques/Variantes

Commentaires Terrain/Points d'eau :
Pas mal de sentier, beaucoup de piste et très peu de route.
On peut trouver quelques zones de portage (comme au Septimerpass) mais jamais plus de 200 ou 300 m d'un coup.

Il y a des descentes techniques, jamais vraiment difficiles (T3, courts T4). La difficulté est plutôt dans la longueur de l'itinéraire, avec quand même des dénivelés conséquents à chaque étape. Il est "officiellement" divisé en 16 étapes, on peut évidemment découper les étapes différemment, les hébergements sont faciles à trouver mais chers, on est en Suisse...

A faire entre juin et septembre pour éviter quelques cols hauts perchés et longtemps enneigés.

Voir aussi : https://www.schweizmobil.ch/fr/suisse-a-vtt/route-01.html

Notes/Commentaires sur l'Itinéraire

» Par francois, le mardi 16 octobre 2018 à 06:07 (10/10)

Une belle manière de traverser la Suisse en faisant du vrai vtt; techniquement pas trop difficile (T3 max), physiquement assez exigeant.


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Alpine Bike, L'intégrale : Sortie du lundi 17 juin 2019 par francois

Participants : Patricia

Remarques terrain

Récit de la sortie

Itinéraire suivi : de Meiringen à Aigle

cette fois, c'est bouclé ! Nous avons repris où nous nous étions arrêtés l'année dernière et après Aigle, nous avons enchainé avec la traversée des Alpes Françaises jusqu'à Briançon.
Tout cela mérite plus que 3 lignes, les détails bientôt...

Jour 1: Meiringen - Swirgi; 7 km, D+: 300m.

La logistique est un peu compliquée puisque notre itinéraire n'est pas une boucle, que nous savons d'où nous partons mais ne savons pas exactement où nous arriverons; finalement nous décidons de poser la voiture à St Michel de Maurienne où nous avons trouvé un Airbnb pour la nuit. Nous y prenons le train pour Meiringen via Chambery et Genève; c'est un peu compliqué et la SNCF étant ce qu'elle est devenue, notre train tombe en panne ce qui nous fait évidemment rater la correspondance pour Genève et perdre 3 ou 4 heures. Les trains suisses, eux, partent et arrivent à l'heure mais nous n'enfourchons les vélos que vers 19h; les jours sont longs en juin mais un gros orage se prépare et nous décidons de dormir dans la même grange que l'année dernière, exactement à l'endroit où Patricia était tombée et s'était fracturé le poignet ce qui nous avait obligé à interrompre notre traversée. Première nuit sur nos petits matelas gonflant, un peu plus durs qu'un vrai matelas mais nous sommes au sec car l'orage gronde.


Jour 2: Swirgi - sous la Kleine Scheidegg , 60 km; D+: 1800 m.

Il fait très beau le matin et la montée est magnifique sur une petite route goudronnée mais interdite à la circulation et sous l'oeil du Wetterhorn, impressionnant sommet rocheux (sous cet angle) de l'Oberland; on aperçoit déjà quelques glaciers, nous avons l'impression d'entrer dans une carte postale, tout y est: les fleurs dans de vertes prairies, les vaches qui les broutent, les chalets en bois qui parsèment les prés, les montagnes et les glaciers qui étincellent.

Plus haut, je remarque que malgré l'altitude assez faible, il reste encore pas mal de névés, d'ailleurs nous sommes obligés de quitter la piste pour le dernier lacet encore enneigé et nous débouchons à la Grosse Scheidegg par un raccourci assez raide. Les premiers "4000" apparaissent, avec l'Eiger dont nous pouvons admirer le profil de sa fameuse face Nord, l'Eigerwand si tragiquement célèbre. C'est là que se sont écrites des pages glorieuses et héroïques de l'alpinisme. Pour l'heure, ici à 2000 m d'altitude, tout est parfaitement bucolique, la carte postale continue à se dérouler sous nos yeux: encore des centaines de milliers de fleurs dans les alpages très vert, des milliers de vaches, des centaines de chalets d'alpage, des dizaines de glaciers et sommets prestigieux. C'est trop beau d'autant plus que maintenant ça descend et que nous pouvons admirer le paysage en nous reposant.


Il faut maintenant traverser Grindelwald, ce que nous essayons de faire le plus vite possible malgré un court arrêt au supermarché pour acheter quelque fruits car il fait chaud et soif, puis remonter en direction de la Kleine Scheidegg. La pente est parfois bien raide mais l'idée est de monter assez haut pour trouver une grange où nous pourrions dormir au sec, le temps semblant vouloir retourner à l'orage. Ça se termine vers 19h, à 1800 m d'altitude où nous explorons quelques chalets dans un magnifique alpage mais tous les chalets sont fermés. Tous ? Non, Patricia tente d'ouvrir la seule porte que j'avais négligée parmi les dizaines que j'ai essayées et miracle: nous voilà à l'abri dans une belle grange assez propre, il est vrai que nous sommes en Suisse... L'endroit est superbe, au pied même de la face Nord de l'Eiger. L'orage qui nous tournait autour depuis un moment fini par éclater mais nous sommes au sec. Les soirées sont longues en juin et avant de se coucher, le soleil parvient une dernière fois entre les nuages à illuminer la face N de l'Eiger; ce doit être un des rares moment de l'année où cette face un peu concave est au soleil; en tout cas, j'en profite pour repérer les fameux passages de la voie historique, on ne sait jamais...


Jour 3: Sous la Kleine Scheidegg - Frutigen; 60 km, D+: 1600 m.


Au matin, l'Eiger est toujours là et il fait plutôt beau malgré une petite fraicheur. Le démarrage est assez rapide puisqu'il n'y a pas à démonter la tente. Et puis ça monter, ce qui contribue à très vite nous réchauffer. L'arrivée au col se fait néanmoins au milieu des nuages, le ciel se recouvre; les grands sommets sont toujours visibles mais pas besoin d'être météo pour comprendre que le temps change. Nous ne restons pas au col déjà envahi par des paquets de chinois, japonais et autres touristes, l'endroit n'est pas des plus agréables malgré la vue; nous descendons bien vite après avoir enfilé nos gore tex.

Les touristes ne s'aventurant rarement à plus de quelques centaines de mètres de leur véhicule, nous retrouvons très vite le calme et profitons de cette descente facile sur piste mais dans un cadre unique jusqu'à Wengen. Ce gros village n'a pas perdu de son cachet d'autant plus qu'il n'est accessible qu'en train; il n'y a donc pas de voiture et le calme qui en résulte est assez étrange et bien agréable. Tout est nickel ici: les chalets pimpants et les jardins piquetés de fleurs où pas un brin d'herbe ne dépasse. Nous profitons de cette ambiance sereine (le gros des touristes n'est pas encore arrivé) pour nous réchauffer et nous sustenter dans une boutique bien sympa avant de poursuivre notre descente par un raide mais très lisse et très agréable sentier jusqu'à Lauterbrunnen où la pluie nous accueille.

Du coup, la suite de la descente est moins agréable, sur route puis sur un beau sentier rive droite jusqu'à Interlaken. Nous n'en connaissions que l'hôpital d'où la vue par beau temps était magnifique sur les 4000 de l'Oberland. Aujourd'hui, pas de vue mais pas d'hôpital non plus; finalement c'est pas plus mal d'autant plus que la pluie a le bon goût de cesser.

La suite est tranquille sur des petites routes au dessus du lac de Thoune; le soleil revient même par moment, le contraste est fort avec la face N de l'Eiger au pied duquel nous roulions il y a encore quelques heures. C'est un des charmes du voyage en vélo: les paysages et ambiances changent vite et on a -plus qu'à pied- l'impression d'avancer. Une belle alternance de petites routes pistes et sentier nous fait pénétrer dans de beaux vallons, dont celui de Kiental, un magnifique village préservé et qui semble s'être maintenu à l'écart de la foule touristique; l'heure tournant, nous songeons même y dormir mais les prix des hôtels nous rappellent que nous sommes en Suisse. Il se remet à pleuvoir et je sens qu'on va bivouaquer...

Il est loin de faire nuit et malgré un peu de fatigue, nous repartons d'autant plus que globalement, ça descend. Nous cherchons quand même une grange qui serait ouverte mais nous sommes assez bas et les alentours sont assez habités. Cependant comme il pleut, nous ne voyons personne dehors à part un couple qui sort de sa voiture un peu plus bas; je descends vers eux avant qu'ils ne rentrent dans leur chalet et leur explique que nous cherchons un abri pour la nuit. Ils me demandent d'entrée si je connais l'association "warmshower"; bien sûr que je connais, c'est un groupe qu'on peut contacter via internet et qui propose un hébergement gratuit chez eux pour une nuit aux voyageurs à pied ou en vélo; ils en font justement partie ! Ça pour un coup de bol, c'est un coup de bol ! Et nous voilà en quelques minutes au sec chez eux, bientôt sous une douche chaude, puis les pieds sous la table. La soirée est évidemment extrêmement sympathique, ce sont eux aussi des voyageurs, amateurs de parapente, vtt, ski, escalade, bref nous échangeons nos expériences; nous nous comprenons, nous faisons partie de la même famille.


Jour 4 Frutigen - Zweisimmen; 60 km; D+: 1600 m.

Nous quittons nos hôtes après un copieux petit déjeuner; ils partent au boulot et nous aussi: ce matin, notre boulot consiste à remonter une longue vallée essentiellement sur de petites routes jusqu'au Hahnenmoospass, soit plus de 1300 m de dénivelé avec des portions bien raides. Le temps est moyen, pas mal de nuages, la pluie n'est pas loin et arrivé au col vers 1950 m, il ne fait pas vraiment chaud. Ce col semble être la Mecque de l’aéromodélisme, essentiellement des planeurs radiocommandés qui virevoltent aux alentours. Nous assistons à une belle démonstration de voltige aérienne, il doit y avoir des Mermoz derrière les manettes des télécommandes ! Pour nous réchauffer, nous entrons dans un grand bâtiment rempli de planeurs posés sur des grandes tables; les gens bricolent leurs bébés, discutent, une autre ambiance !

La descente sur le Simmental s'effectue sur des pistes faciles jusqu'à Lenk où nous nous arrêtons un moment. Le sommets sont bouchés depuis un moment quand la pluie fait son apparition; nous enfilons les gore tex et reprenons la descente par une suite de pistes et quelques sentiers qui serait très agréable pas beau temps; ça descend, ça roule et nous faisons notre entrée dans le gros village de Zweisimmen sous une pluie maintenant soutenue. L'idée de camper ne nous enchante pas vraiment et nous commençons notre quête d'abri. Nous nous arrêtons tout d'abord pour acheter du fromage dans une ferme mais les véritables raisons de notre arrêt sont que la ferme semble grande et qu'elle dispose d'un immense avancée de toit, deux critères importants quand on cherche un abri pour la nuit. Nous demandons à tout hasard à la fermière si elle elle a une idée d'hébergement pour nous, elle nous envoie à l'hôtel; zut c'est raté !

Tous les hébergement sont très chers ici et nous finissons par retourner à la ferme demander plus clairement si on ne pourrait pas dormir dans une des nombreuses dépendances. La fermière comprend, réfléchit un peu puis nous fait monter par une échelle dans une sorte de grenier où leurs deux enfants ont bricolé une sorte de lit, un bar, un vieux canapé; il y a même de la lumière, c'est sec, c'est royal !
La dame, assez réservée au début, se déride et nous demande d'où nous venons, où nous allons, bref ce que nous faisons ici sous la pluie. Elle finit même par nous proposer une douche chez eux ce que nous acceptons bien vite ! Après la douche, elle nous propose quelques morceaux de fromage et de saucisson à partager avec ses enfants et son mari qui vient de remonter de l'étable où il soignait les vaches. Ça devient franchement sympathique, ils nous racontent leur vie qui semble assez dure et qui tourne autour des vaches ou des brebis; d'ailleurs le cadeau de noël des enfants a été un agneau chacun ! Nous finissons par nous retirer dans nos appartements avec une invitation à partager leur petit déjeuner demain matin.


Jour 4: Zweisimmen - Chateau-d'Oex; 50 km; D+: 1500 m.

Petit déjeuner vraiment sympa avec pain maison, beurre maison et confiture maison. Puis nous quittons nos hôtes sous le soleil revenu pour notre prochain objectif: Gstaad ! Depuis le temps qu'on entend parler de cette station de la Jet Set, et puis c'est l'occasion de voir du beau monde ! De fait, nous nous attablons sur une superbe terrasse face à un chalet décoré d'immenses marqueteries; d'accord ça pue le fric, mais c'est vraiment beau ! Je me positionne face à la rue piétonne et j'attends que passe Johnny ou à la rigueur Patrick Bruel; Johnny ne passe pas, mais Patrick, si ! Du moins je tente de m'en persuader...

Mais il faut s'arracher et remonter sur nos vélos sous de vilains cumulus bien noirs; pour le moment, il ne pleut pas. En passant de Saanen à Rougemont, nous franchissons une limite linguistique très nette: d'un seul coup, tous les noms de rues sont en français ! Pas de limite linguistique pour les cumulus qui sont maintenant devenus des cumulonimbus, nous franchissons un col par une succession de pistes et sentiers sous une belle averse.

Au col, le soleil réapparait et nous descendons sur Chateau d'Oex par un magnifique sentier technique dans une superbe lumière de fin d'après-midi et de fin d'orage. Toujours pas envie de camper avec ce temps instable: on nous indique un gîte assez bas sous le village, mais c'est complet; Il faut remonter et nous atterrissons à l'hôtel de la Gare, finalement pas trop cher et très confortable. En traversant le village, Patricia a repéré sur une affiche qu'il y a ce soir le concert d'une chorale: un peu d'art, ça peut pas faire de mal ! En fait, très beau concert d'une chorale d'amateurs éclairés emmenée par un chef de chœur inspiré, résultat étonnant que les choristes que nous sommes aussi apprécions beaucoup !

Jour 5: Chateau d'Oex - Leysin; 50 km; D+: 1500 m.

Ce matin, grosse montée de 700 m pour démarrer; heureusement, il fait beau, plutôt frais et le paysage est magnifique; nous avons à nouveau l'impression de rouler dans une carte postale, les alpages sont vert tendre et constellés de fleurs. Nous demandons de l'eau dans une ferme auberge; il est trop tôt pour y manger mais Patricia demande si on ne pourrait pas acheter quelques légumes, denrée effectivement assez rare en voyage itinérant; le gars nous offre quelques carottes, c'est très sympa et il ne manque que le bâton, ce qui ne nous empêche pas de repartir...

La trace fait un détour par le lac de l'Hongrin où Patricia ne manque pas de se baigner; moi je trouve l'eau un peu fraîche et ce qui ne baigne pas, c'est ma manette de frein arrière que je sens tout à coup toute molle: catastrophe, la durite est percée, plus de frein ! Le harnais fixé sous le guidon et que j'utilise depuis plusieurs années a fini par abîmer la durite, il faut absolument faire réparer. Mais où ? Nous finissons d'arriver au col des Mosses où on trouve un genre d'office du tourisme qui me renseigne: il y a un magasin de vélo à Leysin, à quelques km et sur notre trace; peut-être pourront-ils réparer rapidement...

Je suis partisan de rejoindre Leysin le pus vite possible par la route, mais Patricia veut absolument ne pas perdre une miette de la trace qui utilise évidemment plutôt des sentiers; va pour la trace... Les montées sont rudes mais je n'y utilise pas de frein, les descentes sont faciles et je m'en sors très bien avec mon seul frein avant. Nous finissons par arriver à Leysin vers 16 h: ça commence plutôt bien, le mécano comprend parfaitement que nous sommes sur la route et en panne, il va réparer de suite, parfait. Mais évidemment, ça se complique: d'abord, il n'a pas de durite Formula, il faut donc changer tout le frein et passer en Shimano; va pour shimano ! Mais il faut donc aussi changer la manette de dérailleur; va pour le dérailleur ! Puis le passage de la durite dans le cadre pose problème, il faut démonter la fourche; l'heure tourne, il est 18 h et le magasin ferme, il faut attendre demain !

Pendant ce temps, Patricia avait trouvé un hébergement Warmshower à Aigle, fin officielle de l'Alpine Bike: il s'agit d'un couple très atypique qui voyage et roule sur des vélos couchés car la femme semble être hémiplégique; nous nous réjouissions de mieux les connaître mais il faut annuler. Nous nous donnons quand même rendez-vous demain pour faire un bout de route ensemble sur les pistes cyclables de la vallée du Rhône entre Aigle et Martigny.

Il fait beau, un des mécanos nous descend très gentiment en camion -je n'ai plus de vélo !- en bas de la station pour trouver un coin tranquille où monter la tente. Évidemment, nous perdons un peu de temps mais j'ai l'assurance d'avoir un vélo en état demain et puis le coin est magnifique et le coucher de soleil sur le Mont Blanc et l'Aiguille Verte n'est pas moche !

Jour 6: Leysin - Les Valettes; 70 km; D+: 600 m

Je remonte à pied pour assister à la fin des réparations et récupérer mon vélo et nous ne démarrons vraiment que vers 11 h. La descente sur Aigle, 900 m plus bas au bord du Rhône se fait en partie sur un magnifique sentier à flanc qui n'est pas toujours facile et même parfois un peu exposé. Nous arrivons dans les vignes non loin d'Aigle vers midi et il commence à faire très chaud, nous sommes au début d'un épisode caniculaire prévu par la météo et dont tout le monde parle. Nous sommes vers 400 m, demain et après-demain il va falloir repasser à plus de 2500 m, ça promet !

Le couple "warmshower" habite dans la zone d'activité d'Aigle et le gars nous accueille dans son atelier: il fabrique des structures gonflables de toutes tailles, du ballon de baudruche au château gonflable, c'est assez original ! Sa femme n'est pas là mais il nous explique une partie de leur histoire: anciens circassiens trapézistes, sa femme a eu un grave accident qui l'a laissée hémiplégique. Après une période très difficile, elle s'est mise à fond au tricycle handbike, et participe à des compétitions où elle a atteint un niveau mondial. Ils organisent des expéditions où il l'accompagne sur un vélo couché et grâce à pas mal de sponsors, ils en vivent. Il nous accompagne une petite heure sur les pistes cyclables le long du Rhône, puis nous nous quittons à Monthey.

Malgré la chaleur, cette longue partie que nous redoutions un peu entre Aigle et Martigny s'avère plutôt agréable car nous roulons à l'écart des voitures et avec l'aide d'une bonne brise thermique qui nous pousse jusqu'à Martigny où nous arrivons à 18 h, l'heure où tous les commerces ferment, même la COOP, même la MIGROS ! Nous n'avons plus grand chose à manger et c'est raté pour les courses. Nous voulons rouler encore un peu mais il faut manger :trouver un restaurant à Matigny qui propose des pâtes, c'est facile !

Puis nous repartons vers 19h avec l'idée de monter à la fraîche le plus haut possible et de camper avant la nuit. La route est inévitable mais vue l'heure, le trafic n'est pas intense et bientôt, nous quittons la route principale pour monter à droite vers Champex. D'après la carte, il y a un village un peu plus haut sur un replat où nous trouverons facilement à monter la tente. Les chalets sont assez espacés, il y a plein d'emplacements possibles et nous demandons à un papy en train d'arroser son verger si on peut s'installer dans la prairie non loin de chez lui. Le gars réfléchit lentement mais il réfléchit: il commence par nous proposer de nous installer contre le mur de son chalet car c'est plus plat; puis il nous propose le petit abri de sa tondeuse car il y a un toit et le temps est instable. A ce moment, sa femme arrive et elle nous propose carrément de dormir dans le garage; finalement, ils se mettent en quatre pour nous trouver des matelas (ils trouvent les nôtres pas très confortables et c'est vrai qu'à y regarder de plus près, ils n'ont pas tord...) et des oreillers. Puis ils nous proposent de monter à l'é>tage manger un morceau de gâteau et papoter un peu malgré l'heure tardive. Et nous découvrons un couple vraiment charmant, Jean-Charles et xxxxx. On échange les adresse et les nro de téléphone, ils nous proposent de revenir les voir, mais en voiture cette fois-ci ! Jean-Charles poussera même la gentillesse de nous appeler deux jours plus tard pour prendre de nos nouvelles car la canicule s'est installée et il s'inquiète pour nous...
C'est la magie des voyages à pied ou à vélo, on y fait des rencontres chaleureuses et marquantes.

Fin de la partie "Alpine Bike", la suite ici: http://www.vttour.fr/sorties/traversee-des-alpes-francaises,17054.html#sortie









 
 
 
 

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