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Par francois le 05.09.11
Accueil > Topo Guide > Sommets > Islande > Kerlingarfjoll > Une Traversée Nord-Sud de l'Islande > Sortie du 13 juillet 2011
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900 m Kerlingarfjoll : Une Traversée Nord-Sud de l'Islande

Une traversée relativement classique en première partie, moins classique par la suite à cause de nombreux gués à traverser. Un magnifique voyage en autonomie au travers de paysages uniques. Difficile, mais la gratification d'avoir réussi une telle traversée est à la hauteur de l'effort fourni.

Données techniques

Région : Islande
Longueur [?] : 650 km.
Denivelé (+/-) [?] : 9000 m.
Roul.dif./Poussage [?] : 0 m.
Portage Oblig. [?] : 0 m.
SPR [?] : (10/70/20)

Nb de jours : +7
Cartographie [?] : Islande

Dif. montée [?] : 2
Dif. descente [?] : 2
Dif. max : T2 ponctuellement
Exposition [?] : 1

Interêt [?] (9/10)

Départ/Accès

Départ : Blonduos (0 m) - En bus depuis Reykjavik

Itinéraire

De Blonduos, il faut rejoindre (par une vingtaine de km de goudron) la fameuse piste F35, la piste de Kjolur. Elle est assez classique à vélo surtout parce que toutes les rivières son traversées par des ponts. Cette piste traverse le "Désert Islandais" (les "Hautes Terres") en passant par Heravellir et non loin de Kerlingarfjoll (sites volcaniques extraordinaires) jusqu'à retrouver le goudron un peu avant Gulfoss.

La suite comporte une centaine de km sur route pour rejoindre à nouveau les Hautes Terres et la piste (F208) qui mène à Landmannalaugar.

Ensuite, on trouve la partie la plus difficile de cette traversée entre Landmannalaugar et Eldgja: pas mal de montées et descentes et surtout de nombreux gués à franchir à pied. De Eldgja à la "Ring Road" (la seule route bitumée intégralement et accessible aux véhicules de tourisme"), la piste est plus facile et sans gués.

Enfin, une fois la Ring Road atteinte, il faut traverser le Myrdalsandur, sur le goudron certes, mais la difficulté vient maintenant de la platitude des lieux et de leurs grande exposition au vent.

Quelques infos pratiques:
Il y a trois problèmes majeurs pour les cyclistes en Islande;

- la pluie (ou la neige, même en été): elle peut venir n'importe où et n'importe quand. Il faut d'abord accepter l'idée de rouler sous la pluie, puis être équipé: Vêtements étanches (veste et sur-pantalon en gore-tex absolument indispensables), sacoches étanches (ou au moins des sacs poubelle étanches pour emballer les affaires), une vraie tente qui résiste à la pluie et au vent, etc...

- le vent: il peut être parfois fort à très fort et pousser le vice jusqu'à empêcher de rouler (de face ou même de coté); il faut prévoir dans le planning un ou deux jours de battement. Il peut se contenter d'être juste épuisant (surtout de face) et dans ce cas, une étape de 20 km, c'est déjà beaucoup... De toutes manières, un vent contraire est toujours plus grave en vélo qu'à pied.

-les gués: c'est le problème pour toutes les randonnées dans le "désert intérieur", à pied comme en vélo. Les gués se passent de toute façon à pied et l'eau est froide. Il faut au minimum prévoir des sandales (impossible de traverser pieds nus) et l'idéal est d'avoir des chaussons néoprène (genre canyoning) ET les sandales; c'est ce que nous avions et c'est extrêmement pratique. On a de l'eau généralement au dessus du genou; au dessus de mi-cuisse, il faut renoncer à cause du courant très souvent présent. En général, il faut porter le vélo et donc démonter les sacoches. Ca veut donc dire qu'on passe une fois avec les sacoches et une fois avec le vélo; ce qui veut dire qu'on passe le gué 4 fois (d'où l'intérêt des chaussons néoprène).

Les autres problèmes sont classiques;
- la nourriture: pas de ravitaillement dans les "Hautes Terres" (sauf à Landmannalaugar où on peut trouver de quoi se dépanner); il faut donc être autonome. On trouve à peu près tout dans les supermarchés des villes (par exemple à Blonduos) et on peut aussi se dépanner dans les stations services (mais il n'y en a pas dans les Hautes terres).

- l'eau : pas de problèmes, on en trouve presque partout. prévoir quand même de quoi désinfecter l'eau ( micropur ou hydrochlonazone) si on suspecte la présence de moutons.

- réchaud: essence ou gaz, pas de problèmes en Islande (mais on ne trouve rien dans les Hautes Terres).

-camping: il y a des "terrains de camping" (souvent juste une zone herbeuse avec des sanitaires) près de tous les lieux touristiques; rien ailleurs mais là, on peut s'arrêter et camper comme on veut; c'est le désert...

Hébergement: on peut dormir "au chaud" dans les zones touristiques (Heravellir, Landmannalaugar, Kerlingarfjoll) mais il faut réserver à l'avance, c'est très souvent complet.

Engagement: pas vraiment d'engagement du fait qu'on croise beaucoup de véhicules sur la F35, et quelques véhicules entre Landmannalaugar et Eldgja. On peut donc demander de l'aide à tout moment.


Trace GPS

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Remarques/Variantes

Commentaires Terrain/Points d'eau :
L'essentiel se fait sur piste;
bien roulante de Blonduos à heravellir, mauvaise ensuite jusqu'au pont sur la Hvita (ne pas compter plus de 8 à 9 km/h de moyenne sur cette portion, soit environ 100 km). Elle est meilleure ensuite entre le pont sur la Hvita et la réapparition du goudron (20 kms avant Gulfoss).

Entre Gulfoss et Burfell: goudron (environ 100 km).

De Burfell a Landmannalaugar, la piste est bonne à assez bonne; après et jusqu'à Eldgja (sur la F208), elle est moins bonne et surtout, il y a de nombreux gués (entre 10 et 30 selon la saison et le temps).
Après Eldgja, la piste est meilleure, puis on arrive sur le goudron 50 km avant Vik.

Cet itinéraire n'est praticable qu'en Juillet et Aout.

Sortie(s) GPS associée(s) : 13.07.11

Notes/Commentaires sur l'Itinéraire

» Par chauchau, le dimanche 21 janvier 2018 à 17:40

Bonjour, en combien de jours as tu fait cet itinéraire stp ? merci !

» Par Pïerre, le mercredi 21 septembre 2011 à 14:13 (8/10)

Fait la traversée dans les 2 sens. Pris la route du Sprengisandur à l'aller (plus à l'E) jusqu'au lac Myvatn, puis la côte N jusqu'à Bakaflott (la bien nommée), puis retour la la route de ce topo. ~1500 km en 12 jours mais on a pris l'option voiture suiveuse (1 qui conduit le 4x4 et 3 qui roulent à VTT à tour de rôle), donc pas de matos de camping sur le vélo.

Pas grand chose à rajouter, c'est beau, c'est grand et les conditions météo pas faciles (pluie, vent très fort, froid, neige même en juillet) avec heureusement des bains chauds quasiment partout même au milieu de nulle part.
Amateurs de T5/E4 s'abstenir, c'est que de la piste ou presque

» Par francois, le lundi 05 septembre 2011 à 10:08 (10/10)

Un beau voyage


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Kerlingarfjoll, Une Traversée Nord-Sud de l'Islande : Sortie du mercredi 13 juillet 2011 par francois

Participants : Patricia

Remarques terrain

Essentiellement sur pistes plus ou moins roulantes

Récit de la sortie

Toutes les photos là:
picasaweb.google.com/114757414827040666519/Islande2011?authuser=0&authkey=Gv1sRgCK2y7Iax3r-mFQ&feat=directlink


Jour 1; 80 km.

Premiers tours de roue sur le goudron pour quitter Blonduos; pas de bol, le vent est de face; pas très fort, mais de face quand même. La piste fait bientôt place au goudron, ça commence à monter, le vent se renforce et il tombe quelques gouttes; on s'arrête un peu pour se faire chauffer une soupe et ça repart. L'herbe cède bientôt la place à la lande, puis la lande cède la place aux cailloux. Le vent en profite pour forcir et notre moyenne pour descendre en dessous des 10 km/h. Petit coup de fatigue vers 17 h mais comme il reste au moins un mois de jour (!), on n'est pas inquiets de voir la nuit tomber et nous continuons à rouler: nous avons vu une pancarte il y a déjà quelques heures annonçant un refuge avec piscine un peu plus haut. Il n'en faut pas beaucoup plus pour motiver Patricia à rouler encore un peu. Je commence à être franchement fatigué moi aussi au sommet d'une côte qui se termine en pousage avec un fort vent de face; heureusement une pancarte nous indique qu'il ne reste que 2 km, sinon nous aurions peut-être dormi ici. Le refuge est bien là, chaleureux avec des islandaqis qui chantent à tue-tête avec la guitare (on nous explique que si nous voulons dormir, il vaudra mieux camper à coté) et la piscine est en fait un jacuzzi à 26 °C extrêmement agréable après 13h dehors dont 10h de roulage; il est 21h. Excellent accueil à ce refuge (Afangi, non indiqué dans notre guide), premier lyophilisé d'une longue série. Il est 23h, il fait grand jour et le soleil n'est pas encore couché; nous, si.

Jour 2; 40 km.

On se lève tard, on sait que l'étape sera courte et il faut récupérer des efforts de la veille. Il fait beau mais la piste (bonne jusqu'ici) se dégrade nettement: la moyenne en profite une fois de plus pour descendre à nouveau vers les 10 km/h... Mais le paysage devient superbe avec des champs de lave, des volcans et les immenses calottes glaciaires du Hofjokull et du langjokull. On arrive quand même assez vite (vers 14h) à Heravellir, zone géothermique un peu touristique; il y a un peu de monde et pas mal de véhicules (une trentaine) garés près du refuge. Nous montons la tente juste avant la pluie, assez forte mais qu ne durera que quelques heures, nous empêchant d'aller nous balader à pied. Nous allons quand même nous baigner dans la source chaude (entre 30 et 40 °C selon l'endroit); il pleut, il fait froid et la difficulté est d'en sortir !

Jour 3; 45 km.

Il fait beau et nous passons l'essentiel de la journée à nous balader dans les environs (au Volcan Stikkir, à 3 ou 4 h de marche ). Nous ne reprenons les vélo que vers 16h. Le vent est fort du ENE et les 10 premiers km sont vraiment très durs, avec le vent presque de face. Patricia essaye de rouler le plus possible dans ma roue mais c'est pas facile à cause des irégularités du terrain (la piste est mauvaise) et des déséquilibres provoqués par les rafales de vent. Nous mettons 2 h pour faire ces 10 km (je vous laisse calculer la moyenne) puis la piste tourne à plus de 90 ° à droite et tout va mieux: nous filons maintenant au "grand largue tribord amure" (les voileux me comprendront) et la moyenne remonte. Mais il faut quitter cette piste pour remonter "au vent" en direction de Kerlingarfjoll et il reste une quinzaine de km; et ça monte. C'est là que j'en profite pour crever; je répare mais quelques centaines de m plus loin, encore à plat: en fait mon pneu est déchiré sur le flanc droit, mort. C'est la catastrophe et nos espoirs d'une belle traversée de l'Islande s'évanouissent. Patricia est en colère (je la comprends) et moi, je suis désespéré. Mais pour l'heure il faut arriver quelque part: il est 21h, et il reste 5 km pour arriver à Kerlingarfjoll. Un voiture providentielle arrive: il y a des vélos sur le toit, ce sont des organisateurs de circuits "vvt" qui s'émeuvent de nous voir difficulté et qui nous proposent de porter nos bagages jusqu'au refuge: un grand merci à eux ! Je marche donc à coté de mon vélo pendant 5 km et nous arrivons au refuge avec le moral dans les chaussettes. Il faut s'installer (pour cette fois, nous dormirons à l'intérieur), manger, se reposer. A tout hasard, j'explique mon cas au gardien du refuge qui m'annonce: "no problems" ! On peut vous commander un pneu à Reykjavik, il arrivera ici dans 2 jours ! Ca tombe bien, nous comptions justement rester ici 2 jours pour visiter ce haut lieu du volcanisme islandais... J'en profite pour commander 2 pneus, on ne sait jamais... La grande erreur fut de ne pas prévoir un pneu de rechange. Ca arrive rarement de déchirer un pneu mais quand ça arrive, c'est grave !
Patricia se calme, nous retrouvons un peu de sérénité même si nous avons du mal à croire qu'un pneu arrivera ici dans 2 jours et nous passons une nuit réparatrice, au chaud.

Jours 3bis et 3 ter.

Deux jours de balade à pied dans ce magnifique massif montagneux et volcanique de Kerlingarfjoll: fumeroles, sources et lacs d'eau chaude, couleurs hallucinantes et surtout, 2 jours de beau temps ! Je vous invite à regarder l'album picasaweb.google.com/114757414827040666519/Islande2011?authuser=0&authkey=Gv1sRgCK2y7Iax3r-mFQ&feat=directlink

Jour 4; 60 km.

Il fait toujours beau, pas vraiment de vent, les Dieux sont avec nous ! On descend tranqillement de Kerlingarfjoll pour rejoindre la piste F35 que nous suivons maintenant vers le Sud. Globalement, ça descend un peu et ça avancerait assez vite si la piste était un peu meilleure; mais nous roulons parfois sur de la vraie "tôle ondulée", de plus nous rencontrons pas mal de véhicules qui soulèvent des nuages de poussière et cette partie est moyennenemt agréable. mais le paysage est très beau, notament aux abords d'un immense lac glaciaire au pied du Langjokull. Nous nous arrêtons une petite heure dans un refuge au bord de la piste où l'hotesse nous fait chauffer une petite soupe et c'est reparti.
Après le pont sur la rivière Hvita, la piste s'améliore mais ça monte: rien n'est parfait ! heuruesement , ça redescend après le passage d'un petit col au bas duquel nous quittons la piste pour nous engager sur une piste secondaire qui foit nous amener en une dizaine de km à un petit refuge perdi dans la pampa islandaise. Nous avons retrouvé l'herbe depuis quelques km et le paysage se fait plus aimable. Bientôt le refuge est en vue, magnifiquement situé au creux d'une boucle d'une grande rivière infranchissable, la . Malheureusment, il est plein: un groupe de cavaliers (avec un guide) l'a investi pour la semaine. C'est pas grave: il fait beau, nous camperons !

Jour 5; 60 km.

Nous quittons le refuge par l'ancienne piste, ce qui nous amène à traverser 3 gués d'eau bien fraîche. Notre technique n'est pas encore au point: il faut enlever le pantalon, les chaussures, chausser les sandales, porter le vélo, les sacoches, bref, ça nous prend du temps. Au fil des gués, notre technique s'améliorera... Pour aujourd'hui, c'est pas grave, il fait toujours beau bien que le ciel donne des signes alarmants: nuages noirs, grosses averses au loin.
Nous rejoignons assez vite la piste principale où nous trouvons le goudron. Mais nous le quittons bientôt pour faire un aller-retour (sans les bagages) jusqu'à un lac glaciaire au pied du Langjokull. ca fait 14 km de très mauvaise piste à l'aller et 14 km au retour... Au bout, une rivière glaciaire impressionnate nous interdit le passage C'est alors qu'e deux vrasi gros bons 4X4 se présentent: nous les arrêtons et l'équipage (des français) accepte de nous faire traverser et de nous monter au pied du glacier. C'est vers la fin que les choses se gâtent: la pente est caillouteuse et très raide (pas loin de 25 à 30 ° pour les connaisseurs, d'ailleurs je ne pensais qu'un véhicule pouvait passer là, même à pied, ça glisse) et le deuxième 4X4 (le notre) quitte la trace et s'immobilise en pleine pente et en travers, à la limite du tonneau; petit moment d'angoisse (c'est bête de mourir d'un accident de voiture lors d'un voyage à vélo), petite difficulté pour sortir du véhicule (ça penche fort !). mais les équipage ne se formalisent pas: le premier véhicule -qui est bien passé- recule, le conducteur sort avec une corde, puis tracte le 4X4 en péril pour le sortir de ce mauvais pas. C'était pas plus compliqué que ça !
Après cet épisode technico-ludique, nous remontons sur nos vélos et rejoignons assez vite le goudron, nos sacoches qui commencent à se mouiller sous la pluie revenue, et nous arrivons bientôt à la civilisation, à la cascade de Gulfoss et surtout son snack où on peut acheter plein de chose bonnes-à-manger-mais-mauvaise pour-la-santé (hamburger etc...) et nous nous attablons plein d'entrain; dehors, il pleut et Gulfoss peut bien attendre notre visite une heure de plus !
Enfin, nous visitons Gulfoss, magnifique chute d'eau impressionnante par son débit, mais sans les arcs en ciel habituels puisqu'il pleut un peu.
Puis nous nous laissons tranquillement descendre sur la route goudronnée jusqu'à Geysir. Toutes les 5 minutes, nous voyons un geyser (Strokur de son petit nom) cracher son panache de 30 m de haut dans la verdure du lointain qui se rapproche vite: ça descend et on a le vent dans le dos !

Jour 6; 90 km.

Viste de Geysir le matin; c'est sympa mais c'est la civilisation, il y a un peu de monde, on a déjà vu mieux et on repart vers 11h. Aujourd'hui, c'est goudron mais nous ne savons pas jusqu'où nous roulerons, ça dépend tellement du vent... Nous roulons dans la campagne islandaise, au milieu des champs d'herbe (c'est l'époque des foins) et des fermes. Ravitaillement important à Fludir, c'est la seule vraie ville (500 habitants en Islande, c'est une ville !) que nous devons traverser avant de remonter dans les "Hautes Terres". Le vent forcit un peu et nous l'avons maintenant de face pour 20 km; nous prenons notre mal en patience et nous nous rangeons en ordre de bataille : moi devant, Patricia derrière essayant de rouler le plus possible dans ma roue.
Puis au bout de 20 km, notre route s'oriente vers l'Est puis le Nord Est: nous avons carrément le vent dans le dos et on en profite pour faire des pointes à 30 km/h ! A ce rythme, nous arrivons plus vite que prévu à la dernière station service avant le désert, où nous nous restaurons un peu. les stations service en Islande, c'est un peu là où tout se passe; on y trouve presque tout et surtout à boire et à manger.
Enfin, nous nous enfonçons dans les Hautes Terres: ça veut dire que ça monte, qu'il fait frais parce qu'il est déjà 19 h et qu'on commence à être fatigués. C'est d'ailleurs là qu'a lieu une de nos plus belles engueulades: le synopsis est un peu long à détailler ici mais nous n'étions pas d'accord sur l'endroit où nous nous arrêterions pour la nuit. Patricia se fâche, et remonte sur son vélo en déclarant qu'elle est "capable de rouler toute la nuit s'il le faut" (ce qui entre nous est un peu présomptueux puisque la prochaine nuit est dans un mois à peu près...) et nous revoilà parti jusqu'à Dieu sait où...
Beaucoup plus loin plus tard, vers 21h, elle finit quand même par s'effondrer et se coucher par terre à même la mauvaise piste qui a remplacé le goudron depuis quelque temps, en vue -heureusement- d'un magnifique refuge (où nous n'avions pas prévu de nous arrêter parce qu'il nous paraissait trop loin ce matin). Je la réchauffe comme je peux, elle se relève et nous finissons cette longue étape assez piteusement. Je demande au gardien s'il y a de la place (je ne nous vois pas camper là) et il me répond que c'est vide: nous sommes seuls dans un refuge de 80 places ! Patricia reprend vite du poil de la bête d'autant plus que nous apprenons qu'il y a un sauna qui pourrait être prêt dans une 1/2 heure si nous payons maintenant 1000 Kr (15 Euros); on ne réfléchit pas longtemps (les grandes décisions se prennent vite) et on file se changer (c'est à dire enlever nos cuissards et nos chaussettes).
Enfin et après le sauna, nous nous faisons cuire une gigantesque marmite de pâtes (pour changer un peu des lyophilisés !) et nous filons nous coucher dans l'immense dortoir ou nous disposons de 40 lits chacun; c'est confortable. Il est 23h30, on voit le volcan Hekla qui rosit par la fenêtre, il fait toujours jour, c'est magique.

Jour 7; 50 km.

Temps moyen le matin mais sans pluie. Nous en profitons pour faire un aller retour sans les bagages à la magnifique cascade de Haifoss située seulement à 6 km du refuge. Quelques rayons de soleil furtifs rendent la scène encore plus belle.
Puis nous partons en direction de Landmannalaugar en suivant les indications du gardien qui nous apprend que nous pouvons traverser la rivière sur le barrage, ce qui n'apparaît pas sur notre carte. Ce raccourci nous fait gagner une bonne vingtaine de kilomètres, c'est toujours bon à prendre... Nous nous engageons enfin sur cette piste qui mène à Landmannalaugar: elle est plutôt bonne, malgré un détour imposé par les autorités, une grande société de cinema américaine ayant réquisitioné une partie du désert pour y tourner un film (sûrement "James Bond dans la Lune"...). En fait ce détour est très beau et nous fait passer dans d'ancienne coulées de lave de l'Hekla: très belle ambiance d'autant plus qu'il fait beau et que le vent est faible et même pas de face; tout se perd...
Nous arrivons enfin à notre premier vrai gué: il est large mais facile; il faut quand même se déshabiller, enlever les chaussures, démonter les sacoches, passer le matériel, revenir pour passer les vélos, se rhabiller, bref c'est quand même long et laborieux.
A la lumière mordorée du soir, nous arrivons sur la magnifique prairie de Landmannahellir au terme d'une superbe étape.

Jour 8; 20 km.
Etape courte pour rejoindre Landmannalaugar où nous comptons rester quelques jours. Le paysage devient vraiment unique avec une coulée de lave qui coule dans un lac et qui semble dater d'avant-hier.
Nous passons le reste de la journée à randonner dans le secteur qui mérite beaucoup plus qu'un jour. Patricia a dans la tête depuis un moment (depuis plusieurs mois en fait !) de "faire le fameux trek à pied de 4 jours entre Landmannalaugar et Thorsmork. On se renseigne, on réserve les places dans les refuges et c'est parti pour les 4 prochains jours qui seront très riches malgré le mauvais et même le très mauvais temps revenu. Mais ceci est une autre histoire qui n' a pas sa place ici.

Jour 9; 20 km.
Nous arrivons à Landmannalaugar à nouveau, mais en bus depuis Thorsmork cette fois-ci. Il est 14h, il ne fait vraiment pas beau et il faut se reéquiper, recharger les vélos et quitter l'abri du site afin d'affronter le froid, la pluie et les nombreux gués qui nous attendent; et comme il fait mauvais depuis plusieurs jours, on craint que ce ne soit pas facile. Allez, on enfile la Gore-tex, le sur-pantalon, les gants et c'est parti dans le vent (car en plus il y a du vent...). Les premiers tours de roue ne sont vraiment pas faciles mais nous rentrons à nouveau dans le rythme du voyage et une heure plus tard, nous sommes "dans le bain". C'est d'ailleurs le cas de le dire car les gués se présentent: pluie dehors, en slip et en sandales dans l'eau froide, on peut dire que ça baigne ! Les cérémonies du "déshabillage-rhabillage" se succèdent et la moyenne s'en ressent; mais il n'y a pas trop d'eau dans les rivières et jusque là, ça passe. Vers 19h, il commence à faire plus frais, un coin campable et pas trop humide se présente, on décide d'en rester là pour aujourd'hui. Finalement et malgré l'humidité ambiante, on y passera une nuit correcte.

Jour 10 ;55 km.
Au matin, il ne pleut plus et nous décampons assez vite. Nous trouvons assez rapidement la bonne technique pour passer les gués: afin d'éviter les "déchaussage-rechaussages", il suffit de rester en chaussons néoprène + sandales; du coup, les gués qui se succèdent se passent beaucoup plus vite ! Mais au bout de quelques heures, Patricia n'en peut plus de froid aux pieds; nous sortons alors l'arme ultime: dès qu'il faut mettre les pieds dans l'eau, je la porte sur mes épaules !
Le temps s'améliore et quand nous arrivons en vue de la faille d'Eldgja, il y a même du soleil. Une longue et raide descente nous permet de rouler quelques km au fond de la faille, c'est à dire avec l'Amérique à droite et l'Europe à gauche. Petite visite (à vtt sans sacoches puis à pied) à la fameuse cascade d'Oefarifoss, puis nous poursuivons notre descente des "Hautes Terres" vers des zones plus herbeuses et néanmoins très belles, surtout avec le beau temps revenu. Le soir, camping au milieu d'immenses étendues d'herbe non loin de la première ferme que nous rencontrons depuis 3 jours.

Jour 11; 60 km.
Nous finissons de descendre de la montagne pour rejoindre la "Ring Road". Nous avions convenu d'y rouler soit vers le Nord soit vers le Sud en fonction du vent; d'aller là où le vent nous pousse en quelques sortes. Dans les deux cas, nous arrivons dans une "ville" (n'oublions pas qu'en Islande on parle de ville pour toute bourgade de plus de 100 habitants....) où nous pourrons prendre le bus afin de rejoindre Reykjavik. Arriver à la route, pas de vent: va pour la suite logique du parcours, vers le Sud, Vik et ses falaises. Mais pour cela, il faut traverser le Myrdalsandur, vaste plaine complètement plate de 40 km de long, zone de dépôt des crues glaciaires dues aux éruptions volcaniques sous la glace du Myrdaljokull (le fameux volcan Katla que les Islandais craignent tant). Les 20 premiers km se passent bien, pas de vent. Mais ça se gâte assez vite avec un vent qui se lève, léger tout d'abord, mais de face. Puis il forcit rapidement, toujours de face bien sûr et nous nous rangeons à nouveau en ordre de bataille, moi devant à fendre la bise, et Patricia derrière à essayer de rester dans ma roue. Évidemment, il se met à pleuvoir pour les 15 derniers km et nous arrivons à Vik assez fatigués, pas encore mouillés mais presque, et surtout, heureux !
Étape "remplissage des estomacs" dans un sympathique bistrot, puis nous cherchons un gîte pour la nuit, pas envie de camper sous la flotte pour ce soir.

Jour 12; 50 kms.
Il nous reste un peu de temps avant de rentrer à Reykjavik (on avait prévu des jours en plus en cas de problème), et nous décidons d'aller visiter les fameuses falaises de Dirholaé en vélo. L'ambiance est forte sous la pluie, sur ces plages de sable noir au pieds de gigantesques falaises noires où nichent des milliers de macareux.
Puis comme le vent vient maintenant de l'Est, nous nous laissons pousser vers l'Ouest jusqu'à Skogar afin de visiter l'élégante cascade de Skogafoss.

Jour 13; 20 km.
Toujours le vent d'Est au petit matin: on visite le musée (très intéressant) et on se laisse pousser jusqu'à ?? où nous visitons un petit centre consacré à l'éruption de l'an dernier de l'Eyjafjallajokull, le "fameux volcan islandais au nom imprononçable" qui nous surplombe.
Puis nous y prenons le bus qui nous ramène en quelques heures à Reykjavik; le voyage est fini.



 
 
 
 

Commentaires

» Par Phil'Ô, le lundi 05 septembre 2011 à 21:17

Mazette ! Ca c'est de la traversée... Certains traversent la rue, d'autre une colline, d'autres encore un massif et parfois quelques uns les alpes.

Vous, c'est carrément un pays de part en part que vous avez traversé. Wouahou ! Comme disent les d'jeunz : RESPECT :cool:

» Par TiBougnat, le lundi 05 septembre 2011 à 21:34

Tiens tiens, quel hasard ! Je lisais aujourd'hui un descriptif de cet itinéraire pendant ma pose méridienne en vue d'un prochain voyage. Ton récit confirme les propos du topo-guide : ça piole par là-bas ! Je ne sais pas si le tendeur sera assez résistant !
Belle traversée :wink:

» Par francois, le lundi 05 septembre 2011 à 22:05

Y'a du vent, mais des fois, on l'a dans le dos ! Si si, ça arrive :)
Mais il ne faut pas s'arrêter à ça, l'Islande est une destination extraordinaire: on donne beaucoup mais ce pays le rend au centuple.

» Par fontra, le lundi 05 septembre 2011 à 22:07

Encore un sacré voyage :)
Ils pèsent combien les vélos une fois chargés ?

» Par francois, le mardi 06 septembre 2011 à 09:28

Pas très lourds, nous ne sommes "barraqués" ni l'un ni l'autre et nous avons fait très attention au poids; je dirais 20kgs de bagages pour moi et 10 kgs pour Patricia; + un vélo à 14 kgs (tout équipé, porte-bagages, etc...) pour chacun. Nous n'avons malheureusement pas de sacoches à l'avant (impossibles à monter sur nos fourches), donc tout le poids est à l'arrière, un peu contrebalancé par une grosse sacoche de guidon chacun.
Ce sont des vélos basiques (increvable vieux RR520 de décathlon pour moi 8O ): juste une fourche vaguement téléscopique à l'avant, pas de freins à disque. Il faut du solide, du réparable sur place.
Physiquement, ça n'a rien de surhumain d'autant plus que nous avons pris notre temps. la difficulté est plutôt d'ordre psychologique, il faut un gros moral et y croire. Par exemple, un des moments les plus durs fut de quitter le refuge et les services de Landmannalaugar afin d'affronter la pluie, le froid et les nombreux gués qui -nous le savions- nous attendaient et de partir en sachant que nous allions au devant de nuits peut-être humides; ce qui en fait ne fut pas le cas, la tente ayant parfaitement résistée aux intempéries :) et les intempéries s'étant taries :P

» Par Pïerre, le mercredi 21 septembre 2011 à 14:18

ça m'avait échappé cette traversée. Faite en 2006 avec traversée S-N par la route du Sprengisandur et retour par celle-ci. On avait pris l'option avec voiture suiveuse (conduite de la voiture à tour de rôle), donc étapes plus longues mais pédalage en mode light :roll: comme j'aime...
Des étapes mémorables dont une avec une ambiance de fin du monde et un vent de folie (de dos heureusement) qui nous permettait de faire les montées sans pédaler.

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