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Par francois le 17.10.17
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2680 m Traversée des Alpes : de Venzone à St Moritz

Une traversée des Alpes du Frioul aux Grisons en passant par les Dolomites et le Haut Adige en autonomie. Cette traversée s'inscrit dans le cadre d'une grande traversée de tout l'arc alpin, à la suite de la traversée des Alpes Slovènes.

Données techniques

Région : Frioul Vénétie-Julienne
Longueur [?] : 500 km.
Denivelé (+/-) [?] : 40000 m.
Roul.dif./Poussage [?] : 3000 m.
Portage Oblig. [?] : 500 m.
SPR [?] : (30/60/10)

Nb de jours : +7
Cartographie [?] : collection Kompass

Dif. montée [?] : 4
Dif. descente [?] : 3
Dif. max : T4 ponctuellement
Exposition [?] : 2

Interêt [?] (10/10)

Départ/Accès

Départ : Venzone (250 m) - Au Nord de Venise et d'Udine, au pied des Alpes Carnique

Itinéraire

ATTENTION ! Cet itinéraire est en construction et reste à finaliser

Départ de Venzone (fin de notre traversée des Alpes Slovènes (http://www.vttour.fr/topos/mont-stol,2564.html), traversée du Frioul via Pozzis, Ampezzo et Sauris, puis des Dolomites via Cadore, Misurina, les Tre Cime di Lavaredo, le massif de Fanes, le Passo Gardena, le massif du Sciliar, avant de plonger dans la vallée de l'Adige pour remonter et traverser les alpes de Sarentino puis de redescendre sur Mérano dans la vallée de l'Adige. L'itinéraire remonte ensuite l'Adige puis passe en Suisse par le célèbre passage du col de Slingia et des gorges de Uina pour arriver dans la vallée de l'Inn à Scuol. Petit retour en Italie pour ne pas manquer la vallée de Livigno et le passage du col de Chaschauna (2700 m, le plus haut point de cette traversée) pour redescendre sur l'Engadine et St Moritz.
Itinéraire tortueux mais à la recherche de pistes montantes et de sentiers de descente roulant, comme d'habitude...
Un peu plus que pour la partie Slovène de notre traversée, nous avons tenté pour cette partie italienne de suivre les traces de Pascal Gaudin et ses amis sur leur itinéraire "Intégralpes" (http://www.integralpes.fr/). Nous avons essayé d'éviter leurs passage "galères" pour les remplacer par des parties plus roulantes, ce qui a été le cas souvent, mais pas toujours...
Pour la Suisse, l'idée était de suivre l'itinéraire de l'Alpine Bike (http://www.schweizmobil.ch/fr/suisse-a-vtt/route-01.html), qui semble à priori plus roulant et facile; mais attendons de voir la suite...

Remarques/Variantes

Je reprends ici ce que j'avais écrit concernant notre traversée des Alpes Slovènes.
Nous voulions aussi voyager en autonomie, ce qui veut dire un peu de bagages (tente, duvet, réchaud, bouffe, etc...) et de quoi les trimballer sur des vtt tout suspendus. Après pas mal de recherches (en particulier sur internet), nous avons trouvé une solution parfaitement adaptée: j'ai équipé mon vélo d'une sacoche qui se fixe sur le tube de selle et qui permet de quand même baisser la selle dans les passages techniques (marque Revelate Design, le "Terrapin + drybag"), et d'une sacoche qui se fixe sous le guidon et qui ne touche jamais la roue avant, même en compression maximum de la fourche (marque Revelate Design, le "sweetroll"); bref, on peut faire du vrai vtt avec ce type de matériel. Un lien très intéressant concernant le "Bikepacking": http://www.highmobilitygear.com/PBCPPlayer.asp?ID=1477485

Ce matériel s'est révélé parfaitement efficace, léger, et ne gênant pas du tout le pilotage. Seul le poids des bagages se fait sentir, surtout au poussage et au portage, bien sûr.
je ne peux qu'ajouter aujourd'hui que ce matériel s'avère solide puisqu'il à supporté à ce jour à peu près 4 mois d'usage intensif sur diverses traversées plutôt remuantes (traversée de la Slovénie, traversée des Alpes Françaises, cette traversée des Alpes Italiennes, Tour du Mont Blanc, Traversée du Morvan, Traversée des Hautes Alpes).

Logistique: comme il ne s'agit pas d'une boucle, il faut aller au pointe de départ, et y revenir pour récupérer la voiture !
Nous avons choisi de laisser la voiture à Vérone, de prendre le train avec les vélos de Vérone à Venzone et de revenir en train à Vérone via Milan. Il n'y a pas de problème pour mettre les vélos dans les trains en Italie et en Suisse (sauf dans certains trains internationaux genre TGV où s'est impossible), mais c'est payant. En Italie, on paye un forfait valable un jour entier quelque soit le trajet, mais cependant valable pour une seule région; attention au changement de région...


Commentaires Terrain/Points d'eau :
Varié

Notes/Commentaires sur l'Itinéraire

» Par francois, le mardi 17 octobre 2017 à 06:25 (10/10)

Une Grande Traversée des Alpes Italiennes, ça ne se refuse pas !


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Traversée des Alpes, de Venzone à St Moritz : Sortie du mercredi 12 juillet 2017 par francois

Participants : Patricia

Remarques terrain

Un peu de tout, bien sûr...

Récit de la sortie

Suite de ça: http://www.vttour.fr/sommets/mont-stol,2085.html?sorties

En cours de rédaction...
dans le cadre d'une traversée à VTT de tout l'arc alpin et à la suite de notre traversée des Alpes Slovènes l'année dernière (http://www.vttour.fr/sorties/mont-stol,14354.html#sortie) et que je n'ai d'ailleurs même pas encore fini de rédiger, voici la suite: une traversée des Alpes Italiennes, du Frioul au Haut Adige en passant par les Dolomites.

Jour 1: Venzone - Cuel dal Fari: 10 km, 500 m D+

Pas mal de fatigue et peu de vélo pour le démarrage: après Auch-Vérone en voiture (soit 1100 km) la veille et une nuit chez un particulier en AIRBNB, la journée démarre par 14 km de vélo dans la banlieue de Vérone pour rejoindre la gare, puis 6h de train pour rejoindre Venzone via Venise et Udine où nous arrivons vers 15h30. Il faut attendre 16 h pour l'ouverture de la librairie où nous achetons les 3 cartes au 1/25 000 qui couvrent les premiers jours de la traversée, et nous nous élançons enfin !
Il fait beau, chaud et quelques km après le départ, les eaux du lac de Cavazzo nous tendent les bras. Le site est sympa mais l'eau curieusement assez froide... En me rechaussant je remarque que ma chaussure droite est très abimée et je la bricole avec de l'elastoplast en me demandant combien de temps le bricolage va tenir et où acheter des chaussures de rando, le Frioul semblant être une région sauvage, pauvre et peu peuplée de l'Italie. Patricia se moque un peu de ma chaussure décorée à l'élasto mais quand je lui dit qu'elle n'a qu'à s'occuper de ses pieds, elle remarque que ses chaussures sont en fait dans le même état que les miennes: nous sommes partis tous les deux avec des chaussures pourries ! C'est pas une bonne idée quand on ambitionne de traverser une bonne partie des Alpes...
Mais c'est là l'un des charmes de l'itinérance à vtt: nous ne savons pas jusqu'où nous arriverons dans 3 semaines, ni où nous dormirons chaque soir puisque nous avons la tente et la liberté de s'arrêter où l'on veut, au prix d'un peu de poids bien sûr.
Pour ce soir, il est d'ailleurs temps de chercher un coin ! nous nous installons finalement sur un replat de la petite piste raide que nous remontons depuis une heure au travers d'une forêt assez sauvage. Il est 20h mais il fait chaud, il y a du bois sec en abondance pour le réchaud et ce premier bivouac est bien sympathique.

Jour 2 : Cuel dal Fari - refuge Pezzeit di Sotto: 30 km, 1400 m D+

Le démarrage se fait en douceur sur une bonne piste mais au bout de 5 mn, ça se raidit fortement et la piste devient très caillouteuse: le rendement ne s'améliore pas tandis que la moyenne chute ! Mais on arrive à un petit col; il n'y a pas vraiment de marquage sur le sentier de descente qui fait suite à la piste mais ça semble évident (de toute façon il n'y a qu'un sentier !) et le GPS confirme; alors go !
Superbe et large sentier au début qui finit par rétrécir, se raidir et se creuser: les pédales ne passent bientôt plus, et il faut se résoudre à descendre du vélo. Le sentier plonge ensuite sur le torrent qu'il faut franchir sans passerelle, on est dans le Frioul sauvage... Puis le sentier nous abandonne sur quelque mètres, mais verticaux: plus de sentier, il a été emporté par une crue. Dieu merci, il y a une main courante: une ficelle de 2 mm qui a dû être posée là pour les schtroumpfs qui résident en ces lieux. Donc, passage acrobatique des vélos déchargés; seul, je renonçais. Et ça dure ! Il faut en fait traverser un vallon secondaire qui a été ravagé par un orage et vue la fréquentation des lieux, ça doit faire un moment que le sentier est dans cet état.
Plus loin ça re-roule un peu, mais l'arrivée dans le fond du vallon se fait à pied. Une jolie vasque d'eau claire (et pas chaude) sert de piscine à Patricia; je ne peux m'y tremper qu'aux genoux, mes doigts de pied se recroquevillent sous l'effet du froid. Mais c'est beau !
De l'autre coté du torrent, une piste nous attend et la moyenne remonte un peu dans cette descente qui nous amène au dessus d'un village qui semble désert. Seule une petite vieille nous baragouine quelques mots de patois incompréhensible quand nous lui demandons si par hasard, il n'y aurait quand même pas un bout d'épicerie dans les environs immédiats. Évidemment, il n'y a rien et nous remontons sur nos vélos, et sur la route où ne circule zéro voiture.
Nous la quittons bientôt, alléchés par une petite piste et une pancarte nous promettant une belle cascade au pied de laquelle nous finissons par arriver et nous reposer un peu.
la suite se déroule sur une piste très raide nous obligeant à beaucoup pousser nos vélos chargés, mais qui finit quand même par nous déposer à la cabane de Pezeit di Sotto. Ca tombe bien car le ciel devient franchement menaçant. Il y a deux jeunes randonneurs à pied mais ils nous expliquent qu'ils vont bivouaquer plus haut, nous serons donc seuls: il y a du bois, un foyer à l'intérieur du refuge et c'est très bien car il ne fait pas vraiment chaud. Il se met à pleuvoir franchement; pensée pour pour les deux randonneurs sous leur mini tente, nous sommes contents de ne pas camper nous aussi...

Jour 3: refuge Pezzeit di Sotto - refuge Eimblat de Ribn (Sauris): 40 km; 1400 D+.

Temps moyen le matin mais il ne pleut plus. L'étape démarre par une descente sur single de 1000 m. pas très engageant au début, le sentier s'améliore plus bas et devient agréable avec des parties assez techniques mais le problème majeur est de rester sur le sentier: il semble très peu pratiqué, mal marqué au sol, heureusement quelques traces de peinture sur les arbres nous aident bien et la trace GPS nous conforte quand nous hésitons. Du coup, quand nous perdons le sentier, ça ne dure jamais bien longtemps et on le retrouve assez vite.
Nous arrivons assez rapidement dans la vallée et nous nous arrêtons à la première maison du village, la plus haute, pour prendre un peu d'eau. Le propriétaire nous accueille très gentiment: il semble avoir du temps, il nous invite à entrer, nous offre à boire et commence à nous parler de lui, de sa famille, des raisons qui l'on poussé à prendre sa retraite ici, dans ce village perdu du Frioul. Une très belle halte chaleureuse et réparatrice !
Et ça tombe bien car nous sommes redescendus à 400 m d'altitude et maintenant ça va remonter sévère !
Nous nous arrêtons à nouveau quelques km plus loin au bourg d'Ampezzo; il est midi, on commence à avoir faim: ce sera une constante de cette traversée ! Mais pour ça, l'Italie est merveilleuse: on trouve à manger des pâtes partout et à n'importe quelle heure ! Idéal à vélo (chargé) où les dépense énergétiques sont importantes, le plat de pâte est en plus varié: bolognaise, carbonara, lasagnes, raviolis, cannellonis, on n'a jamais l'impression de manger la même chose. Et si on commence à saturer, il reste tous les gnocchis !
On repart vers 14 h avec de quoi rouler sans crever de faim jusqu'au soir. le début est un peu monotone sur la route du lac de Sauris mais nous la quittons au niveau du lac pour emprunter une série de chemins et sentiers qui finissent par buter sur un torrent sans passerelle: reste la solution du déchaussage et du portage pour franchir ce qui est aujourd'hui un petit obstacle mais qui doit parfois être infranchissable, à voir la taille du lit du torrent.
La remontée qui suit est particulièrement raide, et ce jusqu'à Sauris, 500 m plus haut. Le ciel s'assombrit à la fois parce qu'il est tard et que les nuages se font menaçants. D'après la carte, il y a un refuge au dessus de Sauris et nous décidons de tenter de le rejoindre avant la nuit. Il s'agit en fait d'une magnifique auberge un peu perdue dans la montagne. Il semble n'y avoir personne mais à notre grand soulagement, elle est ouverte et nous sommes quasiment les seuls clients. Le prix est correct, la nuit tombe, il commence à pleuvoir, banco ! Nous avons négocié de pouvoir "cuisiner" (faire bouillir de l'eau) pour notre couscous instantané ultra-léger; mais les patrons nous offrent très gentiment de la vraie nourriture bien roborative et excellente. De plus, il y a une salle de bain chauffée à 35 °C grâce à un chauffe-eau à bois particulièrement efficace; on n'est pas loin du paradis !

Jour 4: refuge Eimblat de Ribn (Sauris) - Lozzo di Cadore; 50 km, 1600 D+.

Nous savions que le passage qui nous attendait était très beau et nous espérions le beau temps, ce qui fut le cas pendant les 3 premières heures: nous traversons de magnifiques alpages qui rappellent la Suisse ou l'Autriche, ambiance beaucoup moins sauvages que dans le Frioul. Puis des nuages sortis d'on ne sait où nous rattrapent pendant un petit portage qui donne accès à ce magnifique sentier balcon, un des meilleurs passages de cette traversée d'après les auteurs "d'Intégralpes"; il tombe même quelques gouttes mais ça n'a pas l'air très méchant et la lumière reste superbe. Puis c'est le retour du soleil pour ce long et magnifique passage à flanc d'abord puis sur des crêtes roulantes qui nous descendent au Sella di Rioda.
La suite fut une belle galère pour nos prédécesseurs, et comme nous n'avons pas trouvé d'autre solution que la route, s'ensuit une longue (en distance) mais courte (en temps) descente sur la vallée de Cadore. Nous apercevons en face de nous nos premiers glaciers dans la face N de l'Antélao, premier grand sommet à l'Est des Dolomites; et oui, ça y est, nous y sommes !
Mais l'état de nos chaussures ne s'améliore pas et nous partons à la recherche de ruban adhésif solide pour tenter une réparation: je me charge donc d'un gros rouleau de scotch orange qui, nous l'espérons, nous permettra de tenir encore un peu...
Nous sommes en fond de vallée vers 800 m, et donc une remontée de 1000 m nous attend demain; pour l'heure, nous cherchons un coin plat pour monter la tente et trouvons un emplacement juste devant une petite maison dont les propriétaires semblent actuellement absents; petite erreur d'interprétation...

Jour 5 : Lozzo di Cadore - Malga Maraia (sous le refuge Citta di Carpi); 50 km; 1500 m D+.

Au matin, il fait beau, le paysage est magnifique mais une voiture s'arrête devant la maison et le conducteur descend, visiblement pas vraiment content: il semblerait que nous campions dans son jardin ! Mais nous n'avons fait aucun dégât, nous lui expliquons d'où nous venons, où nous allons et tout s'arrange.
Finalement, une petite route goudronnée nous monte assez rapidement jusqu'à un col au pied du Gruppo de Marmarole: nous sommes vraiment dans les Dolomites, avec ses verts alpages au pied de hautes parois blanches et verticales (et même au delà de la verticale comme l'a si bien dit Georges Livanos, les grimpeurs me comprennent). Nous sommes heureux, notre rêve se concrétise ce qui ne semblait pas évident il y a encore quelques jours, les aléas de la vie...
Pour l'heure, il fait beau mais pas chaud et finalement nous ne traînons pas, de toutes façons, la route est encore longue jusqu'à Nice ! La descente commence, plutôt sur piste (nous avons voulu éviter une autre galère de nos prédécesseurs) mais face au massif des Tré Cime di Lavarédo. Ça redescend très bas, et il nous faut donc nous tordre le cou pour distinguer les sommets et les parois verticales qui nous dominent; il ne faut pas avoir de torticolis dans les Dolomites !
Un autre souci nous tenaille: la faim. Heureusement, pour ça aussi les Dolomites sont exemplaires: on peut manger des pâtes partout et à n'importe quelle heure. Et voila-t-y pas qu'un resto se présente ! Un peu plus tard, nous repartons, un peu lestés mais revigorés, de quoi remonter 800 m de dénivelé sur une piste sur-raide où nous poussons pas mal nos vélos chargés. Mais le poussage en vaut la chandelle: nous sommes maintenant dans les alpages au dessus des forêts, en face du massif des Marmaroles qui s'embrase au soleil couchant. Il y a là une malga en rénovation, les ouvriers viennent de quitter le chantier et nous installons le camp à l'abri du vent sous un auvent et si la soirée s'annonce fraîche, elle s'annonce aussi somptueuse; sans parler du menu: couscous et purée de pois cassés directement sortis de nos sacs à dos et réchauffés sur réchaud à bois !

Jour 6: Malga Maraia (sous le refuge Citta di Carpi) - malga Rinbianco (sous les Tré Cime): 25 km; 800 m D+.

Patricia ne résiste pas au plaisir de faire un détour par le refuge Citta di Carpi, et je la suis (comme d'hab'). Ce détour vaut effectivement le coup: un peu de vrai vtt sans bagage, et surtout un paysage dolomitique de carte postale: un magnifique chalet en bois au pied de parois qui sont une invitation à l'escalade. Tout ça baigne dans les fleurs et une odeur de café à l'italienne qui me fait rester un peu au refuge tandis que Patricia part gambader avec les chamois (au sens propre). C'est tellement beau que nous envisageons un instant de rester ici faire un peu de rando à pied, mais Nice est encore loin et il faut repartir; nous randonnerons demain vers les Tré Cime, comme prévu.
Une belle descente, une courte remontée au refuge du col de Varda, encore une descente par un sentier qui coupe les lacet de la piste d'accès au refuge, et nous plongeons (au sens figuré, l'eau est froide !) sur le lac de Misurina. Il est midi, il fait faim (comme d'hab') , c'est jour de repos et nous nous installons au resto devant un plat de ..., pâtes !
Un peu repus, nos regards quittent les hauteurs des sommets des Dolomites pour descendre vers nos pieds, et nos chaussures proches de l'agonie. Il y a ici pas mal d'activité touristique, un magasin de sport bien achalandé et nous nous décidons à investir. Nous repartons avec chacun une paire de magnifiques chaussures de rando (et délestés de nos vielles godasses et de quelques centaines d'Euros) !
Rassasiés et bien chaussés, nous quittons les lieux avec l'idée de camper un peu plus loin afin de monter demain vers le refuge Locatelli (en face les fameuses "Drei Zinnen") pour passer deux jours à randonner à pied dans le massif de Lavarédo. Aujourd'hui, c'est jour de repos et on ne va pas bien loin: un beau vallon un peu à l'écart de la route à péage qui monte au refuge Auronzo fera l'affaire pour ce soir.

Jour 7 : malga Rinbianco (sous les Tré Cime) - refuge Locatelli; 10 km, 600 D+.

Début de journée pénible à suer sur la route qui monte au refuge Auronzo: il y a pas mal de trafic et nous regrettons un peu de ne pas monter en bus... Mais l'idée est de descendre demain par un sentier qui démarre du refuge et qui semble prometteur...
Il y a un monde fou vers le refuge et sur le large sentier très roulant qui nous permet de rejoindre le refuge Lavarédo où nous laissons les vélos, la suite leur étant interdite....
Nous avalons très rapidement la courte montée qui nous sépare de la fameuse vue sur les face N des Tre Cime: nous n'avons plus les vélos et et tout nous paraît très facile, nous courons presque sur le chemin pour doubler très facilement des cohortes de randonneurs manifestement moins entrainés que nous. Je connaissais par coeur la vue archi-connue sur ces fameuses faces Nord surplombantes qui illustrent de nombreux bouquins de montagne et d'alpinisme mais il faut bien dire que ça fait quand même un choc: c'est carrément spectaculaire !
Une large piste conduit vers le refuge Locatelli: bien dommage qu'elle soit interdite au vtt, mais il faut dire qu'il y a vraiment beaucoup de monde et du coup, nous empruntons un magnifique sentier un peu plus escarpé sous des parois verticales (et même plus) qui nous mène rapidement au refuge, bondé lui aussi. Bien dommage car nous aurions bien aimé passer une nuit dans le coin...
Nous partons quand même en balade vers la célèbre via ferrata de la Torre di Toblin que j'aimerais bien tenter mais c'est carrément autre chose que les via ferrata de la Slovénie l'année dernière que nous avions fait sans véritable équipement: je monte quand même quelques mètres mais sans baudrier et sans longe, c'est vraiment expo et je renonce.
la consolation, c'est que la balade est déjà très belle et surtout, nous trouvons de la place pour dormir ce soir au refuge. C'est d'autant plus sympa qu'un gros orage de grêle s'abat sur le refuge et que le rideau se ferme sur les magnifiques silhouettes des Drei Zinnen.

Jour 8: balade à pied et descente du refuge Auronzo dans le Val Rienza; 15 km; D-: 800 m.

Lever de rideau sur les Drein Zinnen: il fait grand beau et nous partons en balade vers le refuge Pian di Cengia et la Cima Una d'où la vue est spectaculaire sur une bonne partie des Dolomites et en particulier sur la Croda dei Toni et le Monte Pepora.
Nous essuyons un gros orage qui a le bon gout d'éclater quand nous franchissons le seuil du refuge Lavaredo: nous ne sommes pas seul et ça fume à l'intérieur ! Puis le soleil revient et nous enfourchons nos vtt peu chargés pour descendre par un sentier repéré par nos prédécesseurs d'Intégralpes; du moins le croyons nous...
La traversée descendante vers le refuge Auronzo ne présente pas d'autres difficultés que celle d'éviter les très nombreux piétons qui déambulent les yeux levés vers les faces Sud des Trè Cime et en particulier le fameux Spigolo Giallo; ça n'avance pas très vite mais c'est tellement beau...

S'ensuit une traversée descendante vers l'Ouest avec beaucoup moins de monde vers le début du fameux sentier qui doit nous descendre dans le Val de Ribianco. Ça commence fort bien sur une partie plutôt en alpage et modérément technique. Puis le sentier plonge par une série d'épingles difficiles, et c'est la chute ! Patricia négocie parfaitement une épingle mais vient s'encastrer dans mon vélo que j'avais laissé un peu plus bas pour venir la parer dans cette épingle exposée. Son avant bras vient se coincer entre la base du vélo et les rayons de la roue arrière. Son avant bras gonfle assez vite, elle a mal et nous ne savons plus trop quoi faire. Il ne reste que quelques épingles pour rejoindre la route, qu'elle descend à pied sans son vélo. A la route, la question se pose encore: sur le vélo ou à coté ? Courageusement, Patricia enfourche son vélo pour descendre jusqu'à la Malga Rinbianco où nous avions laissé presque tous nos bagages. Elle trempe son avant bras enflé dans une fontaine d'eau froide, ça ne peut pas faire de mal, et même ça fait du bien ! Pendant ce temps, je récupère nos affaires et commence à refaire les paquetages sans savoir vraiment ce qui va se passer dans les prochaines heures, Normalement, nous devions continuer la descente dans le Val Rienza sur ce qui semble être un bon sentier,,,
Finalement, l'état de Patricia se stabilise, la douleur est bien là mais elle se sent capable de remonter sur un vtt ; c'est reparti ! Le sentier semble tenir ses promesses de roulabilité, le temps est superbe, le paysage ne l'est pas moins, et ça descend. On voit bien que plus bas, la vallée se resserre mais nos prédécesseurs sont passés par là, donc ça passe. Assez vite, le sentier se rapproche du torrent et la pente s'accentue ; le sentier devient très vite inroulable et il s'agit en fait d'un des plus pénibles passages de notre traversée, mais nous ne l'avons pas encore tout à fait compris. Une heure plus tard, c'est bon, on a bien compris : nous mettons le cerveau sur « off » et nous avançons -le plus souvent à coté du vélo- vaille que vaille.
Tout a une fin et le bas du vallon se rapproche ; on y distingue même une piste qui va nous permettre d'avancer un peu mais l'heure a tourné et il faut commencer à chercher un lieu de bivouac. La malchance finit par nous quitter quand nous arrivons devant une cabane dont la porte n'est pas fermée à clé : il s'agit d'une cabane de chasseur qui semble étanche avec une table, des bancs et un mignon petit balcon ; c'est décidé, on s'arrête là pour ce soir !

Jour 9 : Val Rienza – refuge Lavarella ; 50 km ; D+ :1800 m ; D- : 1000 m.

Après une bonne nuit réparatrice, ça va mieux qu'hier et ça commence par descendre sur une piste facile et rapide. Le Val Rienza que nous descendons depuis hier débouche dans une large vallée qui semble assez touristique et parcourue par une route assez importante. Cette route est heureusement équipée d'une magnifique piste cyclable elle même parcourue par un nombre assez impressionnant de cyclotouristes, eux même presque tous équipés de superbes vtt électriques avec de belles sacoches étanches. Nous comprenons assez vite que nous venons de tomber sur une grande classique du cyclotourisme dans le Sud-Tyrol. Nous franchissons un petit col ridiculement facile en haut duquel une auberge un peu « boui-boui » est là tout exprès pour accueillir les vélos. Il est 10 h mais nous avons déjà très faim : Patricia demande des œufs à la coque, ce qui surprend un peu la tenancière plus habituée à servir des paninis, mais quelques minutes plus tard, nous avons nos œufs ! Avec des pâtes, bien sûr, nous sommes en Italie...

Nous quittons la vallée et la piste cyclable quelques kms plus loin pour remonter une piste assez raide, bien que cyclable elle aussi... Du coup, nous quittons aussi la foule des cyclotouristes pour nous retrouver dans un environnement et une ambiance à laquelle nous sommes plus habitués. Cette longue piste donne accès à de magnifiques alpages et à un superbe sentier de descente plutôt facile mais très agréable. Nous arrivons dans une belle vallée verdoyante parcourue par une piste interdite à la circulation automobile. Ce serait formidable si le temps n'était pas en train de se dégrader rapidement . Nous continuons néanmoins car il y a des refuges plus haut mais les premières gouttes d'un orage qui passe au loin nous incitent à enfiler les gore tex. Nous montons toujours tandis que l'orage s'éloigne et que la lumière revient. Notre idée de nous arrêter au refuge de Ra Stua s'évanouit et nous continuons. Le parcours est facile, toujours sur de bonnes pistes et quelques sentiers et nous avançons bien.

Une lecture un peu trop rapide de la carte ne nous avais pas préparés au fait que le refuge suivant se situait au bas d'une falaise de plus de 500 m de haut ; une piste très raide descend au pied de cette falaise et c'est un peu groggy que nous arrivons au refuge Pederu. Il s'agit d'une auberge de bout de route sur laquelle nous arrivons par le haut : il y a beaucoup de monde et l'idée d'y dormir ne nous effleure pas du tout. Cependant, il est 17h, le temps ne semble pas très sûr et j'hésite un peu à poursuivre ; Patricia en grande forme insiste pour que nous continuions : il y a au dessus plusieurs refuges et nous allons bien trouver de la place quelque part...
Nous remontons donc sur nos vélos sur une piste parfois très raide en compagnie de 2 vttistes allemands aussi chargés que nous et avec qui Patricia trouve le moyen de bavarder un peu ; elle apprend entre autre qu'ils ont réservé les deux dernières places libres là-haut... La lumière devient magnifique, les orages qui nous tournent autour depuis ce matin semblent nous lâcher un peu et l'arrivée au refuge de Lavarella est superbe.
Il n'y a effectivement plus de place mais les gardiens très sympas nous dégottent un petit coin dans un dortoir un peu excentré et exigu mais qui nous convient parfaitement. L'intérieur est très chaleureux, avec des petits rideaux aux fenêtres, de beaux meubles en bois ; allez, ce soir c'est la fête : on prend un plat de pâtes !

Jour 10 : refuge Lavarella – camping de Saas Dlacia . 15 km ; D+ : 1200 m ; D- : 1500 m.

L'endroit est magnifique, très minéral, les sommets plutôt hauts perchés et nous décidons de faire aujourd'hui une balade à pied. Notre première idée est de tenter le Lavarella lui-même, plus haut sommet du coin qui flirte avec les 3000 m. Le temps est beau ce matin mais se dégrade assez vite, et une fois de plus nous sentons l'orage arriver : le ciel devient tout noir renforçant l'ambiance déjà austère de ce désert minéral d'altitude ; nos ambitions se modifient à la baisse, le col entre le Lavarella et le Monte Cavallo serait déjà un bel objectif par les temps qui courent...
Devant nous le ciel qui était déjà bien noir s'assombrit encore, il devient évident qu'il va se passer quelque chose de pas très sympathique. Patricia veut y aller quand même et contrairement aux apparences la suite nous prouvera qu'elle avait raison, ce qui pour l'heure n'est pas évident. Elle part donc devant ; nous arrivons presque au col avec les premières gouttes et surtout un magnifique coup de foudre qui n'a pas tapé très loin, 100 m tout au plus. Je vois Patricia faire un demi-tour instantané et redescendre en courant, ce qui n'est pas idiot. Nous courons donc nous réfugier un peu plus bas dans une anfractuosité rocheuse, pas très rassurés car la foudre cogne encore.
Quelques minutes plus tard, le ciel commence à s'éclaircir, la pluie cesse, l'orage est en train de passer. Cette fois, c'est moi qui pousse vers le haut, Patricia ayant moyennement confiance en mes capacités de prévisionniste météo. Mais le cumulonimbus s'éloigne vraiment, laissant la place à un spectacle dantesque : le col donne sur des parois de 700 m de haut ; il fait beau au sud, les sommets sont dégagés et 1500 m plus bas les verts alpages sont illuminés de soleil, tandis que vers le Nord d'où nous venons, le ciel est encore tout noir et l'enclume du cumulonimbus passe au dessus de nos têtes.
Nous continuons vers le sommet du Monte Cavallo en longeant le haut des parois qui sont vraiment verticales et même parfois au delà (comme l'a si bien dit Georges Livanos dans son livre « au delà de la verticale »). Le soleil est revenu et nous arrivons au sommet d'où nous comprenons très vite que le prochain orage est en train de fondre sur nous à grande vitesse. La descente sur ce sentier assez facile ressemble plutôt à une fuite et nous arrivons au col en même temps que les coups de tonnerre et la grêle qui se met à nous frapper avec violence. Ça ne dure pas très longtemps mais c'est assez intense pour blanchir complètement le sol, rendant le paysage encore plus insolite. Le soleil revient (pas pour longtemps) et la montagne fume sous le coup d'une évaporation brutale. Nous arrivons au refuge en même temps que les premières gouttes de l'orage suivant.
Il est 15h, nous avons deux solutions : rester au refuge bien au chaud et à l'abri ou continuer notre route ; petit conciliabule et nous décidons de partir. Je suis moyennement chaud vue la météo qu s'annonce, mais Patricia a raison, nous ne sommes pas encore à Nice ! Il ne pleut plus, c'est parti... Le ciel est rien moins qu'accueillant et 30 minutes plus tard, « y r'pleu » comme on dit en Normandie ! C'est pas grave, d'après la carte, il y a un autre refuge plus loin, la malga de Gran Fanes. La carte à raison et faux : il y a bien un chalet et quand nous y arrivons, nous voyons quelqu'un qui semble nous attendre à l'abri de la pluie. Je pose mon vélo contre le mur et commence à me diriger vers l'intérieur mais l'homme qui est là me fait comprendre en allemand que c'est privé. Il pleut fort et nous essayons de négocier ; on a beau faire valoir que nous ne comprenons pas l'allemand, mais c'est quand même clair : nein, c'est nein !
Bon, et bien c'est reparti sous la flotte. Pour le moment ça monte et ça roule mais nous savons que la descente va être compliquée. De fait, nous arrivons une heure plus tard sur un sentier escarpé et taillé de marches où l'eau ruisselle et cascade ; même sec, ça doit pas rouler beaucoup. Nous arrivons au bas de ce passage éprouvant complètement trempés ; ça re-roule plus bas mais le vent de la vitesse nous le fait presque regretter ! A la route, une auberge salvatrice semble nous tendre les bras : mais on ne peut pas y dormir. La propriétaire téléphone pour nous à un camping qui pourrait nous accueillir tandis que nous tentons de nous sécher, dégoulinant sur le plancher, les bras écartés comme des cormorans mouillés étendant leurs ailes... Bonne nouvelle : au camping 1 ou 2 km plus bas, il y a un mini cabanon libre !
Effectivement, nous y trouvons un lit avec quelques m2 pour poser nos affaires trempées ou humides. J'allume le réchaud à gaz et nous gagnons instantanément quelques degrés bienvenus. Un petit tour à la douche (où je trouve le moyen d'oublier mon altimètre que je ne retrouverai pas) et aux resto pour une bonne pizza, et d'un seul coup, tout va mieux !


Jour 11 : camping de Saas Dlacia – Passo Gardena : 30 km ; D+ : 1000 m ; D- : 300 m.

Il a plu une bonne partie de la nuit mais ce matin, c'est calme. Par contre, il ne fait pas très beau et plutôt froid. L'étape d'aujourd'hui semble plutôt facile, essentiellement en fond de vallée et ça commence par descendre. Le coin semble magnifique malgré le temps moyen : une succession de jolis villages dans des alpages bien vert, on sent tout de suite que la région est bien arrosée. La route a le bon goût d'être longée par une superbe piste cyclable, du coup tout cela est très plaisant : on a l'impression de se balader dans une carte postale, d'autant plus que le temps s'améliore et que le soleil pointe le bout de son nez.
A la Villa, nous remontons en direction du Passo Gardena, toujours sur une belle piste cyclable. Nous quittons les falaises du massif de Fanes au sommet desquelles nous étions hier pour nous enfoncer au pied d'autres parois dolomitiques, celles du massif de Sella, très célèbres dans le petit monde des grimpeurs. Nous sommes à nouveau dans un haut lieu des Dolomites, complètement entourés de parois verticales aussi prestigieuses les unes que les autres : Saashonger, Boéseekofel, etc...
A Corvara, nous quittons la piste cyclable pour monter sur une piste sur-raide vers l'Ucia Forcelles ce qui nous propulse au pied des parois et en balcon au dessus de la vallée. Le sentier devient superbe, le plus souvent bien roulant et nous arrivons assez vite au Passo Gardena dans une magnifique lumière de fin d'après-midi où quelques nuages éclairés par le soleil viennent flotter au pied des parois. Nous retrouvons la civilisation, la route (avec quelques motos) mais aussi un refuge qui a le bon goût de nous avoir gardé deux places au chaud dans un grand dortoir qui s’avérera très calme. Un bon plat de pâtes au soleil couchant, et dodo !

Jour 11 : Passo Gardena – refuge Tierser Alpl: 60 km; D+: 1800 m.

Beau temps le matin, nous montons un peu au dessus du col pour rejoindre une superbe descente qui emprunte en partie les pistes de ski du val Gardena ; par ici, il pleut beaucoup et les pistes sont couvertes d'un beau gazon bien vert rendant la descente très plaisante, assez variée entre petits bouts de sentiers, passages herbeux au milieu des vaches et un peu de piste facile. Nous arrivons rapidement en bas à la station de Selva: ça ressemble un peu à Megève, il y a beaucoup d'activité touristique et nous ne nous y attardons pas vraiment.
La trace nous monte (en appuyant un peu sur les pédales quand même !) au travers de magnifique alpages avec des vues spectaculaires sur un géant des Dolomites, le Sasso Lungho. Nous naviguons à nouveau au cœur d'une carte postale en direction du refuge Sasso Plato qui ne se laisse pas rejoindre si facilement que ça car ça monte sévère... Petite pause gâteau-café, il y a beaucoup de monde mais l'endroit est magnifique et surtout nous sommes assez fatigués par déjà plusieurs dizaines de km et plus de 1000 m de dénivelé positif.
La suite est magnifique sur un sentier en crête très roulant, panoramique et assez rapide qui nous amène au pied d'une piste carrossable (interdite à la circulation) mais extrêmement raide qui monte au refuge Tierser Alpl; nous y arrivons vers 18h et pour une fois, la question du "où dormir" ne se pose pas tellement la réponse est évidente : ici pardi ! Le refuge est loin d'être plein et la soirée s'annonce très agréable et confortable.

Jour 12 : refuge Tierser Alpl – refuge Bolzano: 15 km; D+: 500 m.


Nous savions à la lecture du bouquin de nos prédécesseurs d'Intégralpe qu'il y allait avoir un peu de portage pour rejoindre ce curieux altiplano au bout duquel est perché le refuge Bolzano : en quelques minutes, nous dévalons donc le large sentier facile qui nous descend au pied du fameux portage. Nous sentons qu'il va falloir faire vite car le temps est déjà menaçant, des cumulus se développent à grande vitesse et le brouillard vient déjà lécher les parois où se faufile le sentier. Comme prévu, il faut décharger les vélos et les porter sur environs 200 m de dénivelé, ce qui reste raisonnable ; c'est le prix à payer pour un peu de beau vtt sur cet haut plateau ...
Nous sommes maintenant un peu dans le brouillard sur un sentier technique, caillouteux et pas vraiment facile mais l'ambiance est fascinante, nous ne voyons plus la Terre très loin et très bas au dessous de nous. L'orage est imminent mais il a le bon goût d'attendre que nous ayons franchi la porte du refuge Bolzano pour éclater. L'intérieur du refuge est étonnant : une immense pièce très haute avec une magnifique charpente et un énorme poêle en faïence qui semble parfaitement capable de chauffer l'ensemble de la salle. A côté, plusieurs pièces plus petites mais plus chaleureuses sont une invitation à rester ici : ça tombe bien, dehors il fait froid et la pluie tombe pendant plusieurs heures ; nous ne comptions pas dormir ici mais c'est pourtant ce que nous allons faire avec plaisir !
Le soir, la pluie cesse et le soleil se montre pour son coucher : nous montons rapidement sur le petit sommet qui domine le refuge pour admirer un paysage extraordinaire de pics et de parois dolomitiques éclairés par le soleil couchant jusqu'à perte de vue.

Jour 13: refuge Bolzano - Longostagno: 340 km; D+: 1000 m, D-: 2200 m.

La descente commence bien: beau temps, beaux paysages, sentier roulant; mais petite à petit, ça se corse car la pente raidit et le sentier devient technique. Nous finissons par atteindre le fond du Rio Scillar parfois entièrement occupé par une très longue et assez large passerelle en bois : un immense et très étonnant travail pour faciliter le passage du bétail lors des transhumances. Le sentier reprend, plus classique mais encore parfois technique et finit par nous descendre au pied de notre haut plateau où nous venons de passer 2 jours et qui ressemble vu d'ici à un bastion imprenable défendu par de hautes parois verticales; comment peut-on rouler et descendre de là-haut en vtt ?

Notre itinéraire descend maintenant dans la profonde vallée de l'Adige que nous traversons sur un joli pont couvert et de l'autre coté duquel nous retrouvons une piste cyclable que nous n'empruntons que sur quelques kilomètres car il nous faut maintenant nous extraire de ce trou ! Donc ça remonte sévèrement et pour un bon moment puisque nous ne sommes qu'à 450 m d'altitude... Ce n'est pas du goût de Patricia qui semble terrassée par des maux de ventre. Elle remonte quand même courageusement jusque vers 1100 m où nous finissons par monter la tente au dessus d'un village. Nous venons de quitter les Dolomites mais elle sont encore bien présentes, juste en face de nous mais de l'autre coté de l'Adige. Le coucher de soleil sur le haut plateau défendu de falaises où nous roulions encore ce matin est saisissant.

Jour 14: Longostagno - refuge Corno Renon: 30 km; D+: 1300 m.

Patricia va un peu mieux ce matin et c'est parti pour une longue partie de manivelles: il faut remonter largement au dessus de 2000 m par des petites routes puis une bonne piste qui nous monte dans une petite station de ski qui se résume sur le terrain à une télécabine au sommet de laquelle nous sommes et un téléski au pied duquel nous sommes; il n'y a presque personne et le coin reste très agréable. Après une petite pause, nous entamons la montée finale au sommet où se trouve un refuge.

Patricia n'est pas encore en grande forme, le refuge semble très sympathique, quasiment vide et nous décidons d'en rester là pour aujourd'hui d'autant plus que la vue est extraordinaire sur les Dolomites juste en face et les hauts sommets enneigés de la chaine frontière entre l'Autriche et l'Italie. Nous avons quitté le calcaire des Dolomites et nous traversons maintenant les Alpes de Sarentina, massif aux formes arrondies qui rappellent les rondeurs du Massif Central mais 1000 m plus haut. Patricia se repose tandis que je vais faire un petit tour de "vtt sans bagages" dans ces alpages sur des pistes ou sentiers particulièrement roulant; ça fait un peu "vacances", essentiellement parce que j'ai un vélo bien léger... Le refuge est "à l'ancienne", mais quand même très confortable et nous y passons une excellente soirée à papoter avec les quelques randonneurs présents.


Jour 15: refuge Corno Renon - Rio Deserto: 55 km; D+: 1400 m.

Très beau lever de soleil depuis ce sommet très panoramique et nous traversons ce matin des grands espaces parsemés de chalets d'alpages et de nombreuses vaches, ce coin de montagne est bien vivant. Nous quittons cette agréable montagne par une bonne montée sur piste jusqu'à un petit col occupé par une chapelle parfaitement entretenue. Changement de décor et d'ambiance au col: nous retrouvons des sentiers plus techniques et plus caillouteux, moins d'alpages mais le tout reste encore bien roulant et très agréable. Un dernier petit col et nous plongeons dans la vallée par une belle succession de pistes et sentiers pour une longue descente de plus de 1000 m de dénivelé qui nous amène à la "capitale" du pays, le gros village de Sarentino.

Patricia ayant récupéré son appareil digestif et ayant à nouveau faim (tout comme moi mais chez moi c'est un état permanent), une petite halte s'impose dans un resto bien sympa de ce beau village, d'autant plus que douze coups viennent de sonner au clocher: c'est l'heure !

Maintenant, il faut remonter en face dans le Rio Deserto par une petite route puis des pistes; la montagne est plus sauvage que ce matin surtout quand nous pénétrons dans le vallon et que nous remontons dans son versant Nord. Nous montons la tente près d'un magnifique chalet d'alpage et sortons de nos sacs ce qu'il en reste c'est à dire pas grand chose... Heureusement qu'on a bien mangé à midi ! C'est bon signe: ça veut dire qu'on a bien optimisé les quantités de nourriture car nous finissons notre périple demain.


Jour 16: Rio Deserto -Mérano: 35 km; D+: 600 m; D-: 1600 m.

Nous franchissons notre dernier col qui donne accès à une belle succession de pistes et sentiers descendant jusqu'au village de Avelengo perché en balcon 900 m au dessus au dessus de la large et profonde vallée de l'Adige. Encore quelques jolis sentiers qui coupent les lacets de la route qui descend à Mérano où nous faisons notre entrée vers midi: il fait chaud à 300 m d'altitude mais la ville semble agréable. Nous n'avons malheureusement pas le temps de nous y attarder car il nous reste une dernière épreuve: une après-midi de train pour rejoindre Vérone, puis 16 km de vélo pour retrouver notre airbnb et la voiture.



 
 
 
 

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