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Un peu d'exploration sur les 3000 du secteur : Sortie du dimanche 06 septembre 2020 par Mika

Participants : seul(e)

Remarques terrain


Sentiers associés

4 Pic de Panestrel : voir descriptif sentier

4 Pointe d'Escreins > Col des Houerts : très Fuyant en ce moment

Récit de la sortie

Itinéraire suivi : Val d'Escreins - oratoire de la Font Sancte - Berre des chèvres - Pointe d'Escreins - Pic de Panestrel - Lac Vert - Les Mortices Nord et Sud - Col de Serenne - Vallon Laugier -Val d'Escreins

Les copains italiens de Cyclo-Alpinismo ont roulé récemment à la Mortice et m'ont donné envie d'y retourner. Le coin est fabuleux. Peut-être le plus beau du secteur Queyras / Haute Ubaye. Notamment le sommet de Panestrel, avec ces dalles verticales de marbre rose... Et puis, ce dernier n'est pas encore dans les bases de données VTTrack, ce qui ajoute encore à l'intérêt de la découverte. Le sommet se roulera-t-il ? Je n'en ai pas la moindre idée, mais une sente est figurée sur Opentopomap.
En revanche, pour relier Panestrel à Mortice, rien d'évident ; j'essaie de trouver sur le net des photos du versant est de la Mortice Nord et du Pic des Houerts : le seul passage possible n'est apparemment pas un boulevard... Tout cela restera donc à confirmer sur place.

A 10 heures au départ du parking du Val d'Escreins, la bouche pâteuse, l’œil un peu éteint et l'estomac un poil barbouillé (la fiesta s'est terminé vers 2 heures du mat ce matin même...), je me dis que plutôt que prendre le chemin qui monte direct au col des Houerts, que j'ai déjà parcouru l'an passé, autant passer par le Vallon de la Font Sancte. Peut-être même qu'avec un peu de chance (la carte n'est pas suffisamment détaillée pour se faire une idée précise...), il sera possible de relier directement le col nord de Panestrel et le Pic.

Je roule donc aussi longtemps que possible dans le beau haut Val d'Escreins, puis met le vélo sur le dos à hauteur de l'oratoire, un peu écrasé par cette géologie fantasque, brute de décoffrage. En haut du verrou qui domine l'oratoire, je fais un petit écart vers le nord afin d'avoir une visi directe sur la crête qui relie le col nord de Panestrel au sommet : Hum... pas de solution de ce côté-là, c'est vertical...
Je repique donc au sud et me "tanque" les 600 m d'éboulis raides qui mènent à la Pointe d'Escreins. Pas âme qui vive dans le secteur... Sous la Pointe d'Escreins, les cailloux ont été posé là mais personne n'a fini le job : c'est de bric et de broc, et mieux vaut ne pas trop s'accrocher aux blocs pour se hisser...
Arrivé à la Pointe (3038 m), je scrute le sommet suivant : la montée à la Conque de Panestrel par la petite combe suspendue a l'air bien sympa, pas trop raide, pas trop de blocs dans tous les sens. Le reste, c'est moins évident et le versant sud-est par lequel passe la sente reste pour le moment caché...

Descente sur le col des Houerts, le départ du sommet de la Pointe d'Escreins est assez technique et raide, mais c'est pas long ; derrière, c'est juste fuyant, mais propre. D'ailleurs, dans ce secteur, c'est un peu le maître mot : fuyant à gogo... Avec mes pneus mortibus et mes semelles de godasses au bout du rouleau, je suis au top...

La montée à la Conque est magnifique, les dalles de marbres et autres calcaires, redressées à la verticales, jaillissent dans l'azur du ciel sud-alpin tel un feu d'artifice. Sous la Conque, je repère un passage retors, une double marche de quelques mètres de haut dans des dalles assez inclinées. Ça doit pouvoir se franchir à la descente, mais quid de la vitesse prise, car la réception se fait dans un éboulis lui aussi assez incliné ?? On verra tout à l'heure, mais je ne veux pas me mettre trop la pression, ici le tel ne passe pas et il n'y a personne dans les parages en ce début d'aprem...
Je monte le bike aussi haut qu'il me semble raisonnable de le faire, environ 90 m sous le sommet : le reste, c'est hors catégorie (à part peut-être le tout haut, mais alors avec un engagement de suicidaire...)

10 minutes au sommet (3254 m) pour profiter de ces paysages de dingues et je désescalade jusqu'à mon vélo. Le départ se fait dans une pente à un peu moins de 40°, sur une sente schisteuse qui zigzague entre des écailles de marbres redressées (mercurochrome garantie en cas de chute...). ça se gère en mode glisse (j'aurais pu dire "drifting" mais je crains les représailles ;-) ), choix de la bonne ligne et de la bonne assiette du vélo...

Au-dessous, je zappe le passage des grosses dalles inclinées (T6) vélo sous le bras, c'est plus raisonnable, et c'est ensuite juste bonheur pour le reste de la combe...
Toujours sans traîner, je m'avance vers le lac Vert et remet le vélo sur le dos pour ce que je sais maintenant être le passage un peu critique de ce tour. Je remonte un éboulis, râle après mes godasses à chaque fois que mon pied ripe et arrive au pied du raidar ; je vais voir à gauche, ça semble être le point de montée car je distingue un petit cairn plus haut ; sauf que ça me semble trop raide avec le vélo... Je reviens dans le fond de la ravine et commence à y grimper : ça siffle dans tous les sens ! Des bouquetins ne sont pas contents de ma présence. Vont-ils me jeter la pierre ?? Je pose le bike et fais un repérage à droite (pas pour éviter les bouquetins mais parce que ça me semble un peu moins raide... mais bof, c'est glissouillant à souhait et c'est expo). Finalement, ça sera dans le talweg, le vélo à bout de bras, car c'est trop étroit pour passer avec le vélo sur le dos...
Il me faut un bon moment pour avaler la centaine de mètres bien raidasse qui m'impose de rester concentrer, et je suis soulagé lorsque je débouche sur le replat intermédiaire : la suite c'est juste un peu de caillasse en plus, mais le risque de retourner à la case départ en moins...

Je débouche à la brèche sud de la Pointe Jean Rostand (ou du Pic des Houerts, comme vous voulez !), l'arête se découpe en tours de calcaires... Incursion dolomitique...
Dernière purge pour remonter l'ubac de la Mortice Nord (3186 m), il est bientôt 18 heures, les lumières sont de plus en plus folles, je m'arrête toutes les 2 minutes pour prendre une photo...
Courte descente vers le sud et magnifique traversée sur la large crête plane qui mène à la Mortice Sud (3169 m). Je me délecte une dernière fois des lumières rasantes sur la Haute Ubaye et me décide enfin à attaquer la descente dans les dalles de lapiaz de la combe ouest. Sympa, bien plus marrant à rouler d'ailleurs que la suite de la descente sur le col de Serenne, toujours aussi fuyante et parfois assez scabreuse.
Derniers rayons de soleil au lac des 9 Couleurs, puis je plonge dans le vallon Laugier. A l'approche de la cabane pastorale, je vois fondre sur moi les clebs, je m'attendais à voir 1 chiens de protection ou 2, ils sont 5 !! je gueule un bon coup pour signifier au berger tout le bien que je pense de ses bestioles et prend la tangente en quittant le sentier principal. Surprise, les clébards ne me prennent pas en chasse, je file par une toute petite sente rattraper le sentier principal plus en aval...
Il est presque 20 heures quand j'arrive à la bagnole, en sueur... Wow, quelle virée !


Distance réelle parcourue : 25 km
Denivelé réel effectué : 2400 m



 
 
 
 

Commentaires

» Par Gipi05, le mardi 08 septembre 2020 à 08:44

Bravo, belle balade!

» Par Phil'Ô, le mardi 08 septembre 2020 à 08:53

Ouaou ! Quel défrichage 8O ! Bravo et merci !!!!

» Par Aousse, le mardi 08 septembre 2020 à 09:00

Quel terrain de jeu, on est loin du balcon lisse du TMB là :happy:
Superbe photos, bravo pour la sortie et entre les bouquetins et les patous, tu as eu la vie sauve ! :roll:

» Par silvi, le mardi 08 septembre 2020 à 12:20

Bon c'était pas top dur tout seul sans moi? Je t'ai pas trop manqué? :wink:

» Par MisterE, le mardi 08 septembre 2020 à 12:56

Bravo, connaissant un peu les lieux je te trouve bien joueur mais c'est un joli coin. Sûr que la remontée à la Mortice de ce côté doit pas te donner envie d'y retourner et le haut du Panestrel à vélo, humm... :ill:
Tout comme toi bien aimé le haut de la Mortice, un peu moins le raide et fuyant en dessous, et le vallon Laugier en fin d'aprem avec les ombres qui s'allongent, un régal

» Par Ticaillou, le mardi 08 septembre 2020 à 21:16

sacré belle sortie; le récit aussi est très joli. masculin de force ; Je ne comprends pas tout l'engagement et le probable T5. Mais le cœur, la couleur ou la hauteur y sont.
moi aussi les 3000 m'époustouflent.
bravo et merci du partage...
il n'y a vraiment que des grands par ici... :P

» Par Mika, le mardi 08 septembre 2020 à 22:19

Toujours merci pour vos commentaires enthousiastes :)
@silvi : si, c'était terrrrible ! (Mais je ne sais pas trop quand tu aurais pu te caser une sieste :P :lol:
@Phil'Ô : ah oui, défrichage, c'est le mot que je cherchais :D
@Aousse : faut varier les plaisirs, vive le lisse et le flooow, mais le rugueux, c'est souvent plus beau encore ;-)
@MisterE : oui, j'avoue, j'aime bien jouer :roll: :wink: Ces montagnes sont simplement magiques...
@Ticaillou : "Masculin de force" :lol: Peut-être des idées pour une future virée Nomade :wink: Il y a une belle collec de 3000 roulables (moi, ils m'époumonnent :lol: ) dans le sud et on a probablement pas fait le tour de la question encore...

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